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06/07/2014

ROMAN : L'HOMME ET LE MIROIR...! (UN EXRTAIT)

VERBATIM

L’Homme et le miroir est un roman qui porte sur ma modeste vie. J’y rends hommage aux femmes en général, et à ma pauvre maman plus particulièrement. Cette analphabète du premier degré qu’elle fut, car ne sachant ni lire ni écrire. Mais dont la clairvoyance, la phronèsis, et la sophia n’en ont pas moins fait la meilleure, et en a point douté, de toutes les mamans du monde. Elle m’a élevé seule. Car, j’ai perdu mon père quand je n’avais que huit ans. Elle m’inculqua des valeurs de sobriété, de dignité, d’honnêteté, et de combat pour la justice et l’équité. A telle enseigne que quand elle mourut, j’eus l’impression de perdre Dieu en personne.

 

J’ai besoin de vos commentaires. Car j’espère trouver un grand éditeur pour partager le message qu’il porte, ce roman, avec le monde entier. Je crois qu’il en vaut le coût selon ce que j’ai ouï dire jusqu’à présent.

 

Prof./Hdr./Dr.Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

Chercheur habilité à diriger des recherches de philosophie

Professeur des universités

Blog : kilimandjero.blogs.dhnet.be (www.dh.be/rubriqueblogs)

Courriels :

antoinedoverrichardol@hotmail.fr

osongo_lukadi@yahoo.fr

Devise : « Meurs et deviens » (Goethe)

Ordre :

« Ahora Siempre »

 


L’HOMME ET LE MIROIR

 

Il n’y a pas d’amour d’une vie,

il n’y a que des vies d’amours

 

DEDICACE

A Pauline Otshumba Akake Tsha alias « Omenyi nfono havu esadi » (traduction : 3la miséreuse qui tarde à mourir » ! C’est ma vénérable Maman qui naquit à Lusambo le 19/05/1925 et décédât dans son sommeil à Kinshasa le 01/10/2011, en disant au revoir en ces termes « mama vé likolo efugwani nakeyi épayi ya papa » (trad. : « maman Vé le Ciel s’est ouvert, je pars rejoindre le Père Saint ») ! « Passagers de l’éphémère et locataires de la terre, transmettons-là entière et pleine de lumière ».

 

I

 

PROLOGUE

 

0.Le prénom de toute une vie !

L’amour est une partie essentielle de la vie d’un être humain. Comment aurait-il vécu sans lui ? Cet amour qui soit du prochain soit charnel. Francine voilà un prénom qui en est tout un symbole. Car jamais, du haut de ma réputation de « petit homme rouge », sérieux, incorruptible, inflexible, je n’aurais imaginé céder devant elle sans soupçonner un arrière plan machiavélique, corruptible … En effet, tous ceux qui me connaissent bien en témoigneront. Je fus, en effet, l’un des enseignants le plus craint, le plus redouté de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, et de la Recherche Scientifique de l’ex Zaïre (ESURS). Une réputation qui ne fut pas, loin sans faut, pour me déplaire. Mais plutôt plus que positive dans un pays où la corruption est une seconde nature aussi bien en amont qu’en aval des fonctionnaires juvéniles ou séniles, pauvres ou riches. En vérité, et ce malgré la pauvreté matérielle et financière, je fus incorruptible dans tous les sens forts du mot. Un irrésistible confirmé, déterminé, attesté, et achevé. Au point que même Béata la maman de mes enfants échoua dans mes cours de philosophie, et de logique, et y reprit son année académique ! Ce qui contribua davantage encore à corser cette réputation et à alimenter la légende.

La femme a une force mentale que n’a pas un homme. En effet, ce fût comme Adam devant Eve que je me laissai y aller, sans réfléchir dans les bras de cette tentatrice de bon goût. Sans doute, fus-je victime d’un effet de surprise ? Mais, devrais-je me chercher des faux fuyants ou des circonstances atténuantes devant une évidence ? Je plaide, donc, coupable. Or, bien malin est celui qui me dira comment y échappe-t-on à une femme comme Francine, qui a envie d’un homme de tous ses désires voire fantasmes ? Qui fait irruption dans son bureau comme une tornade de souche étasunienne, se débarrassant sans sommation de sa petite culotte, se jetant sur lui, jambes écartées, s’y enlaçant comme une liane, lui enfonçant comme pour étouffer sa proie sa langue dans la bouche, le tout à l’éclair d’une seconde ? Refuser ou accepter ? C’est moins d’une seconde pour décider. Car, ici le temps va plus vite que lors de la lancée d’une fusée russe. Pourtant, les avis sont toujours partagés sur cette histoire où ma réputation de « petit homme rouge » prit un sacré coup au moral et à l’image. Mais si je m’y laissai faire comme un zombie, je tirai néanmoins le constat selon lequel la raison n’est ni rationnelle, ni immuable, ni non infaillible. En effet, il y a des moments où la raison disparaît, devient irrationnelle, évanescente, inauthentique, mieux, passionnelle ; quand au lieu de dépassionner, la raison se passionne, s’agite, crée des commérages ; enfin lorsque la raison cède sa place aux passions,et se transforme en elles ; l’homme rationnel devient charnel.

Mais, en réalité, l’égarement rationnel n’est-il pas le socle indéfectible sur lequel repose l’amour ? Si aimer est synonyme d’ignorance et d’irréflexion. En effet, c’est parce qu’on ne connaît pas la personne aimée, que l’amour naît et se maintient. Le désamour est dès lors la conséquence de la connaissance de l’être aimé. Quand on connaît suffisamment, même superficiellement, les défauts et les qualités de l’être aimé, et surtout si on s’en rendait compte que les défauts étaient ostensiblement plus nombreux que les qualités, on désaime, on hait, on désapprouve, on déclame sa désapprobation d’avoir aimé une telle crasse ou un tel chiffonnier, etc. C’est alors, et aussi longtemps que durera cette désastreuse cohabitation entre les deux anciens tourtereaux, que le monde environnant citoyen se lassera d’écouter tous les noms d’oiseaux dans toute l’étendue de leur dimension.

Donc, l’ignorance est le fondement de l’amour. L’attirance de l’un pour l’autre se justifie par la méconnaissance mutuelle. La transparence débutante est aliénante à l’attirance où l’amour laisserait place à la haine, au dégoût. Le divorce, la séparation sont, en réalité, des facteurs relevant du manque d’information sur le futur partenaire. Car, au début, chaque partenaire use de la dissimulation comme stratégie pour atteindre son objectif. Or, les derniers reviennent à la surface avec la transparence singulière de chacun de deux amoureux. Il n’y a pas que l’usure du temps qui en est une des conditions fatales. Ce n’est pas le temps passé ensemble qui implique une détestation entre eux, mais cette transparence qui leur faisait défaut au début de leur relation voire de leur union où même la gueule de bois ne se voyait pas du tout, et qui revient à la surface avec le temps qui déroule son tapis ; et avec elle même la tâche noire sur le cul du conjoint ou de la conjointe qu’on léchait sans retenue, commence à devenir un motif de discorde. Tout ! Même un baiser !

Pour en revenir à Francine, je crois qu’elle était fantasmée par ce jeune enseignant brillant, déterminé, résolu, absolu, impartial, complexe, hermétique, difficile, incorruptible, révolutionnaire qu’il fut. Possible même que j’aie fait l’objet d’un pari sexuel entre étudiantes. Celle qui me ferait tomber la première sous ses charmes. Quoi d’autre expliquerait la violence de cette attaque sexuelle, et de la façon dont elle s’était déroulée ? Fut-elle motivée, surexcitée par mon voyage pour la Belgique, se disant que plus jamais elle ne me reverrait, et qu’elle devrait, comme ça, saisir sa chance ? Je n’en sais rien, elle m’en a jamais rien dit, et ce jusqu’aujourd’hui. Revenu d’Europe après un long séjour d’études et de recherches d’une dizaine d’années, je m’occupai à la rechercher pour prendre de ses nouvelles, en vain. Quel homme ne serait pas à la fois surpris et fier de s’inviter en amour par une femme ? Et qui prétendrait zapper ‘un revers de la main un tel fait divers de sa vie ? Cette histoire m’a marqué et me marquera toute ma vie. Parce que ce n’est pas tous les jours qu’un homme se fait violer par une femme belle, élégante, sensuelle, dynamique, à la fleur de son âge !

Francine a été, est, et restera à jamais un souvenir sensuel, charnel inoubliable de ma petite vie de coureur des jupons. Même si les choses n’auraient jamais été pareilles, me confiât un ami belge de souche, si ce fût moi qui m’était montré si entreprenant comme ça. En effet, poursuivit-il, on aurait crié au viol ou au harcèlement sexuel. Et, ma foi, il n’avait pas tort. En effet, les féministes et ceux qui cirent leurs strings n’auraient jamais mis une seconde, en cas d’une plainte de l’étudiante, pour parler d’harcèlement sexuel, de viol, de non consentement, d’abus de pouvoir, d’absence de déontologie professionnelle, etc. Combien d’hommes, me demandât-il à la fois déçu et malheureux, n’ont pas vu leur bonne foi bafouée, mise en doute, et de surcroît ridiculisés ? Déçu, mais jamais désespéré, l’ami belge me traita de naïf d’avoir cédé à la folle envolée sexuelle de cette jeune étudiante. Car, j’aurais dû conserver, selon lui, mon sang froid légendaire, ma perspicacité, ma rigueur en la matière. J’aurais dû lui refuser le droit de profiter gratuitement de mon anatomie !Facile à dire qu’à faire, rétorquai-je, en effet quand on en a pas été soi-même victime n’est-ce pas ? C’est pourquoi son jugement m’était obsolète. Car comment ne pas interpréter « ce viol féministe » comme un vrai et grand cadeau d’amour venu du ciel m’offert ce jeudi-là 08 octobre à la veille de mon voyage pour la Belgique dans la nuit du vendredi 09 octobre 1992. Un cadeau divin qui a marqué ma vie, et changé ma vie sexuelle.

Toute cette nuit-là du vol jusqu’au matin de l’arrivée à Zaventem dit aéroport Bruxelles national non autrement identifié, l’image de Francine ne cessait de me hanter l’esprit. Car ce fut une scène charnelle, que je n’aurais jamais imaginée même dans un rêve de gosse. Un souvenir charnel, amoureux tellement fort, qu’au départ dubitatif à l’égard de la thèse de S. Freud sur la sexualité, que je finis par lui donner raison. Parce qu’effectivement la sexualité est au centre de l’exister humain, de la vitalité humaine. Parce que qu’il s’agisse de tuer, de manger, de danser, de parler, de ricaner, de pisser, de chier, tout reflétait notre rapport au sexe ! C’est peut-être fou de dire ça, mais tel fut l’avis du psychanalyste suisse Freud.

En plein vol, je fus emparé par un moment d’égarement, très vite calmé par ma voisine qui me demandât si je n’avais pas fait un mauvais cauchemar. En effet, elle m’entendit citer le prénom d’une certaine Francine … ! Ah bon, excusez-moi madame, au fait je ne sais pas où j’en étais, m’excusai-je ! C’est votre femme, m’interrogea-t-elle ? Non madame, c’est mon étudiante, lui dis-je ! Ah en voilà des manières, s’exclama-t-elle ! En me demandant de lui en dire un peu plus ! A la fin de mon récit, elle s’exclamât de nouveau « oh quelle belle histoire d’amour ? ». Et d’ajouter, « si j’étais à votre place, j’écrirais un livre ». c’est aujourd’hui chose faite !

L’égalité homme-femme n’est pas contestable, si l’on veut. Pourtant, c’est une évidence évidente, logique et réelle. car, à mon avis, la femme est supérieure à l’homme, en tout cas au regard de l’attitude héroïque de ma vielle mère décédée le 01/10/2011 (jour de mon anniversaire !), qui resta veuve après la mort de son mari (mon géniteur) le 14/01/1969. Car, je me dis que si ce fût l’inverse, je ne serais jamais devenu l’homme, le père et le scientifique que je suis ; un homme sociable, humain, généreux, universaliste, droit, courageux, honnête, sérieux, digne, sain de corps et d’esprit. En général, chez un homme, il n’y a que sa situation personnelle qui compte, car il refait très vite sa vie, sans penser ni à l’avenir de ses rejetons, ni à la situation de chacun d’eux. Ma maman était jeune. Elle aurait pu refaire sa vie. Elle ne le fît jamais. Pourtant, je n’avais qu’une dizaine d’années. D’ailleurs, mon papa s’en inquiétait beaucoup, du fait que je n’y arrive jamais après sa mort. J’étais le benjamin de la famille. Il y avait, en plus un important écart d’âge entre l’ensemble des autres enfants de la famille. D’où cette question : que serais-je devenu si Pauline ma maman n’avait pas été là ? Très mal et incertain, sans doute. C’est pourquoi je n’accepte que très mal le machisme, l’orgueil des hommes, et encore moins l’exploitation des femmes par les hommes. Une exploitation qui ne s’éloigne pas de celle que K. Marx dénonçait entre bourgeois (riches/patrons) et prolétaires (pauvres/travailleurs) : « Pour le bourgeois, écrit K. Marx, sa femme n’est autre chose qu’un instrument de production. Il entend dire que les instruments de production doivent être exploités en commun et il conclut naturellement que les femmes elles-mêmes partageront le sort commun de la socialisation. Il ne soupçonne pas qu’il s’agit précisément d’arracher la femme à son rôle actuel de simple instrument de production »[1]

 

1. Le triangle du plaisir

La naissance du jour est un instant d’éternité où l’éveil de la lumière apporte la promesse de tous les possibles. Le triangle du plaisir apporte jour après jour non seulement la preuve de vie d’un être humain, mais il est aussi le triangle de la souffrance. En effet, en venant au monde, l’humain cri. Il pleure. Au sujet de ce premier cri de l’enfant au moment de sa naissance, c’est-à-dire de sa venue dans le monde, il y a plusieurs interprétations. Certains prétendent que c’est la peur de venir dans un monde qu’il n’a pas choisi, ou dans une famille dans laquelle il n’aurait pas aimé se retrouver. D’autres évoquent le changement du climat entre celui du ventre de sa mère dans lequel il s’était réfugié pendant neuf mois, et celui dans lequel il sent une fois dehors de son refuge maternel. Si l’explication biologique dû au changement du climat tiendrait la corde, la plupart des explications relatives à la vie de l’homme dans le monde sont fantaisistes voire grotesques.

Nous pleurons de peur ! Mais peur de quoi ? Peur de venir peut-être dans un monde, dans une famille, des parents qu’on n’a pas choisi ? Si la naissance d’un enfant est toujours un événement, un réel plaisir pour les parents et les proches, son arrivée, quoi qu’en dise les progrès de la science aujourd’hui, reste toujours un grand mystère ! Car sommes-nous fruits de la création comme nous rabâchent les oreilles en longueur des journées les chrétiens catholiques, ou un microbe comme un autre qui par l’ampleur de l’évolution et de la transformation est l’homme dont nous nous réclamons ?

Pour être clair, j’appelle « triangle du plaisir », le sexe de la femme, car d’après mon observation personnelle -, même si je ne suis pas gynécologue cela s’entend, et je m’en excuse auprès de toutes les femmes du monde susceptibles de mal le prendre -, il y ressemble très fort à un triangle isocèle renversé, dont un côté juste en bas (le point de distance entre le trou du plaisir et le trou du cul), et les deux autres côtés au-dessus horizontalement fixés chacun perpendiculairement à côté de l’autre, c’est dans ce point-là qu’est né chacun de nous qu’il ait été Jésus-Christ de Nazareth, J-F Kennedy, P-E. Lumumba, Martin Luther-King, Nelson Mandela, ou Barak Obama, entre autres, mais c’est aussi là-dedans qu’on a tous jouit pour procréer, c’est-à-dire remplir le monde d’êtres humains comme nous en a donné le devoir notre Dieu tout puissant ; ce triangle est donc le résumé de notre vie dans le monde, et celle qui l’incarne est la femme, autrement dit sans la femme il n’y a ni jouissance, ni procréation, elle a ici une importance dont la plupart des temps nous n’en tenons pas suffisamment compte.

Le Mahatma Gandhi dont la pensée et l’œuvre m’inspirent beaucoup avait montré aussi comment devant le défi qu’il a lancé à tous, individus et nations, de réaliser les valeurs de vérité et de non-violence, la femme trouve une chance de prendre la tête pour franchir une nouvelle étape dans l’évolution humaine, et d’oublier ainsi tout complexe d’infériorité, comment pour cela, elle doit, d’abord, se refuser à suivre l’idée moderne selon laquelle tout est déterminé par la pulsion sexuelle, ce qui n’a rien d’impossible, car nous savons bien que la vie des gens ordinaires, femmes comme hommes, est loin d’être aussi obsédée par le sexe que celle de ceux qui se gavent de la littérature de sexe actuelle. Et le Mahatma de s’interroger qui mieux que la femme, peut incarner la non-violence ? Elle qui, répondit-il, comme mère de l’homme, démontre une telle capacité d’amour et de souffrance ? Car il lui suffit de transférer cet amour sur l’ensemble de l’humanité et d’oublier qu’elle peut être l’objet de la concupiscence de l’homme ; elle occupera alors fièrement, au côté de l’homme, la position de mère, de formatrice et de guide silencieux, car il lui revient d’enseigner l’art de la paix à un monde qui en a soif, déchiré qu’il est par la guerre.

Ainsi, malheur à ceux qui n’ont rien saisi, et qui en ont fait uniquement un chrysanthème pour une simple jouissance sexuelle. Non ! Jamais ! La femme n’est pas que ça. Elle est comme je viens de le dire, il y a un instant, le triangle de notre vie, car c’est à travers lui que la femme en est le symbole, mais pas seulement l’incarnation également, car aucune vie, aucune existence n’est possible si elle n’est passée par ce « triangle ». C’est pourquoi, le temps est-il venu de changer nos habitudes, nos mentalités sur la façon dont nous voyons et considérons encore l’être féminin, car au fond de moi-même, c’est-à-dire de ma propre expérience, la femme vaut plus que ce que nous pensons d’elle, c’est-à-dire un pure et simple chrysanthème sexuel, point barre, eh bien non ! il y a bien plus que ça, dont la destination existentielle de l’enfant qu’elle engendre, qu’elle met au monde. De telle sorte qu’il y a comme une obligation de respecter ce triangle renversé et frappé sur ses trois côtés égaux entre eux, et qui ne m’en rappelle pas moins en tant que chrétien l’image de la Sainte Trinité, dont Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-Esprit.

C’est pourquoi, comme Gandhi, je désire passionnément la liberté la plus totale pour les femmes d’Inde (et du monde entier, c’est moi qui ajoute ceci sur le texte initial) ; je déteste les mariages d’enfant ; je tremble de rage au spectacle de ces petites filles déjà veuves, et que l’on épousera plus, alors que l’on n’hésitera pas à remarier un veuf le lendemain de son veuvage ; et je déplore la criminelle indifférence de parents qui ne donnent aucune éducation à leurs filles et ne les élèvent que pour les donner en mariage à des jeunes gens fortunés. De telle sorte que pour avoir leur liberté, le Mahatma préconisât l’obligation du droit de vote pour les femmes et un statut d’égalité légale, d’exercer leur influence dans les délibérations politiques de la nation. Car, conclût-il, l’épouse n’est pas l’esclave de son époux, mais sa compagne, sa coéquipière et sa partenaire, son égale dans toutes ses joies et toutes ses peines – aussi libre que lui de choisir son propre chemin.

Somme toute, ce « triangle isocèle » que je nomme triangle du plaisir représente, pourtant, la partie la plus hachurée et obscurcie de notre existence d’où jaillit la lumière de la vie et de l’existence de tout humain ; on lui devrait un peu plus de respect qu’il n’en est aujourd’hui, car on n’égratigne pas le lieu de son origine. C’est pourquoi avant d’y jouir, agenouillons-nous et prions pour l’honorer et l’adorer. Cette partie la plus hachurée de notre vie, existence ne se réduit pas non plus à un simple ustensile à pipi. Non ! Car, et je ne le dirai jamais assez, elle est le souffle de chaque humain existant en tant que lui, en tant que Pour-soi, et non jamais en tant qu’En-soi, car un être humain n’est ni une chose, ni un objet, mais au contraire un être doué de raison, de volonté, de liberté, mais aussi des passions faites d’actes irrationnels tantôt objectifs et tantôt subjectifs !

La femme est un tout. Mais dans une femme, il y a, bien sûr en dehors de son triangle du plaisir, ses deux phares, mieux ses deux seins, pointés sur sa poitrine qui font le bonheur des bébés, mais également des hommes même si il semble que certains bébés auraient une préférence pour l’un plutôt que pour l’autre, j’en fus il semblerait de ceux-ci, car je préférais, m’a-t-on donc rapporté, le sein gauche au détriment du sein droit !

Pourtant d’après les explications des adultes de mon plat pays et celles de ma mère en particulier, il y’aurait eu dans une telle préférence quelque chose de mon attachement à la femme d’une part, et à la vérité, à la justice en particulier ; ce qui fait de moi l’homme des femmes d’un côté et un justicier de l’autre côté. De telle sorte qu’avec recule je ne peux pas dire que ces explications sont fausses, car je suis exactement comme ça, j’aime la compagnie des femmes, j’aime converser avec les femmes qu’elles soient mariées ou non, et inversement, car tant de femmes noires, blanches, jaunes ou rouges se sont souvent confiées à moi en toute liberté, voire en toute promiscuité ; je connais même des femmes mariées qui m’ont confié des secrets, des choses intimes qu’elles n’ont jamais confiées à leurs propres époux, mon épouse pourra en témoigner, car jalouse au début de notre union, elle a compris que ça pouvait m’être un don, une donation, une appropriation, une force de la nature, une puissance spirituelle !

Et ma femme ne pouvait qu’en être convaincue, car elle a vu que j’étais capable d’unir des couples disloqués, dérangés, désespérés, perdus et dont on disait qu’il était impossible de les remettre ensemble ; quand on est un homme, une femme on doit savoir parler à celui pour celle qui est en détresse. Un choix des mots s’avère, donc, absolument indispensable sinon c’est l’échec absolu. Le mari, de mon point de vue, a une plus grande responsabilité dans ce sens. Ce n’est pas une faiblesse de toujours faire le premier pas, car en général nos femmes aiment ça, c’est-à-dire désirées, aimées voire adorées. Pourquoi chercherions-nous midi à quatorzeur là où pourrait passer une simple flatterie du genre chérie èèh je t’aime, je t’adores, je te respecte, ou je te fais aveuglement confiance, ou encore de mieux en mieux, en s’adressant à elle tu sais pourquoi je te fais confiance ? Non seulement parce que je comptes sur toi absolument et cela quoi qu’il arrive, que sans elle tu ne vis pas, tu ne respire pas, alors et alors seulement elle te donneras tout ce que tu veux, tout ce qu’elle a dans les tripes, tout ce qu’elle ressent, pense ; ce n’est pas une personne qu’on doit brusquer, comme ça, comme on brusquerait sa chienne, mais on doit l’attendrir, la rassurer, l’aduler, l’embrasser à tout bout de champ … ; loin de moi l’intention d’en faire une déesse, mais c’est l’expérience vécue qui me le fait penser et dire ; des mauvaises femmes j’en connais et en sais quelque chose, j’en cite quelques exemples voire quelques unes dans ce livre, au risque d’être pris pour un macho si l’on ne faisait pas attention au contexte.

Au plan pratique, disons, humain quant à l’influence qui aurait eu le sein gauche sur ma personne et ma personnalité, je crois que ce n’était pas mal non plus, car ça se verra très bien dans les lignes qui suivent comment j’ai été de tous les combats, de toutes les luttes contre les inégalités sociales, politiques, économiques et culturelles. Au point de me mêler des combats et des luttes des autres, tout simplement au nom de l’universalisme kantien dicté par l’impératif catégorique élaboré par le seul penseur au monde -, en dehors de Jésus-Christ qui n’est nullement ni comparable à Kant ni à personne, car il est Dieu et donc entendu la référence de toute morale et de toute éthique -, qui a écrit la seule morale/éthique de référence, qui a forgé mes convictions, mes opinions politiques, chrétiennes, au point de toujours dire non à toute forme de mépris, à toute forme de méprise, à toute forme de racisme, car pour moi il n’y a pas de valeur supérieure à la vie que la vie.

Un autre détail plus surprenant dans mon rapport avec le sein maternel, me convainquis-je moi-même à force de ma fréquentation féminine, a été mon attirance par le sein gauche de ma maman. On me rapporte qu’il était celui sur lequel portait ma préférence au détriment de son homologue de droite ! On me dit aussi que cela aurait été le signe et le sens de mon engagement dans les partis de gauche !

Cependant, et je le sais, très bien que je ne suis ni Georges Cloney, ni Tom Cruz, ni encore moins Prad Pitt, c’est-à-dire un sexe-symbole, comme on dit en people, c’est-à-dire l’homme le plus beau de la planète, mais ne suis-je pas tout simplement l’un des homme au monde qui aime vraiment les femmes, et surtout qui sait leur parler ? Il ne suffit pas de fantasmer, surtout pour un homme imprenable, et dont il est difficile de savoir si il a réellement un beau corps à l’intérieur, car pour être aux diapasons il faut s’en approcher, il faut vivre avec lui pour le savoir, et ça on sait que ce n’est pas toujours possible, même si j’ai toujours attesté que rien n’est impossible dans la vie, tout est possible tant qu’il est possible d’être possible. Mais le fantasme n’est-il pas la pire de possibilité existentielle pour un être humain ? Je veux dire qu’on ne peut baser sa vie, son existence sur un fantasme sans réellement perdre le nord. Néanmoins, je suis un homme fier, fier pour ce que je suis, pour ce que sais, pour ce que connais, et pour ce que fais, un homme comblé et jamais complexé, car de quoi peut-on vraiment être complexé, alors que la vie est une chance, et qu’il suffit seulement de la saisir, en la rendant vivable, viable, c’est-à-dire vitalement et « existentiellement » sienne, il suffit tout simplement de décider de ce qu’on est et de ce qu’on doit faire pour y arriver ; dire le matin quand on se rase la barbe, ou l’on s’épile le sexe que personne n’a le monopole sur la vie, que la vie est une notoriété publique, et n’y vivent que ceux qui l’ont vraiment choisi et décidé est la meilleure recette pour vivre longtemps jusqu’à ce que mort suive et de préférence le plus tard que possible, ce qui est tout à fait naturel, normal, car l’humain, trop humain, n’est que poussière en sursis sur la terre. Pas besoin, donc, d’être ni Prad Pitt, ni John Rambo, ni Arnold Schwarzzengger, ni Mike Tayson, ni Michael Jackson, ni encore Barak Obama … pour sentir le bonheur d’y être en vie et surtout en bonne santé ; que vaudrait-il d’être l’homme le plus beau ou la femme la plus belle de la planète si on avait une santé de glace ?

2. Femme noire femme africaine

Ce livre je le dédie à Pauline ma mère. Une vieille dame aujourd’hui âgée de quatre-vingt ans. Son nom est Pauline Otshumba Akake Tsha, autrement dit « Omenyi nfono havoka esadi » (traduction de la langue Batetela en français : « le miséreux qui tarde à mourir »). Dans ce livre, j’en profite aussi pour parle de la femme et des femmes que j’ai connues en particulier dans ce qu’elles avaient de charmant, et bien entendu de détestable. Ce qui va de soi, car l’être humain n’est pas parfait.

Ces femmes dont il y sera question dans un moment, sont celles d’Afrique, d’Europe et du monde. J’y mettrai l’accent surtout sur tout ce qu’elles représentent dans la vie, le bonheur, l’encadrement néonatal jusque parfois en âge adulte, voire toute la vie humaine. A dire vrai, un réquisitoire salutaire et gratifiant pour la femme.

Car si on peut faire remplacer, ou faire représenter un père, une mère ça ne se décrète pas, ça ne se remplace jamais, elle seule, unique et indivisible. Mes amis juifs qui savent et connaissent tout n’ont jamais eu tort d’imposer le matriarcat dans leur code familial au seul nom que seule la mère détient l’authenticité néonatale d’un enfant ! La maman est déjà dans le secret du commencement de son bébé, et à la fin de son histoire. Elle en est l’alpha et l’oméga, donc. De telle sorte que même la génétique avec son ADN devait y faire gaffe, car une mère si elle le voulait peut en faire de sa tête, et semer la confusion même là où il ne pourrait jamais y avoir, car tout le monde sait que la génétique avec son ADN est infaillible. Il s’agit de la parole de la maman contre celle de la science. Au final, même si on aurait tendance à croire plutôt la science que l’être humain, le doute semé ne s’efface pas, comme ça, d’un revers de la main. On y rend service ni au père, ni à l’enfant, ni à personne dès lors qu’une controverse est née. C’est pourquoi, et pour éviter ces genres de controverses, j’accordais raison à mes amis juifs pour qui c’est la nationalité de la mère qui était la plus importante pour un rejeton !

Cette dédicace, même si je n’ai nullement à me justifier, car ma mère a été un don divin pour ma pauvre et modeste personne ne porte pas uniquement sur ce qu’elle a fait pour moi, mes frères et mes sœurs après la mort de son mari de chef coutumier quarante ans plus tard, mais également et surtout pour lui rendre un hommage vivant, mérité à l’occasion de ses  quatre-vingt ans sonnants, trébuchants que je viens de lui fêter le 19 mai 2010 à Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), un hommage, une infinie gratitude pour son amour, son courage, son dévouement, sa disponibilité, sa gentillesse, son affection, son désintéressement exemplaire inégalé et inégalable, son amour sans contre partie, gratuit et incomparable ; un  amour sans lequel je n’aurais évidemment jamais été ni enfant, ni adulte, car ma mère est le symbole de mon être, le socle de mon moi, de mon Sûr-moi, de mon ça, celui sur lequel j’y suis, l’habitacle protecteur de ce que j’ai été hier, suis aujourd’hui, et serai demain ; elle est l’arôme qui vivifie mon âme et mon être, l’encense de ma vie, de mon existence, l’odeur qui m’a installé dans la vie, dans l’existence et dans le temps, mieux, l’odeur qui me relie à l’histoire du monde, autrement dit à l’histoire des autres.

Comme les David Hallyday, les Antony Delon, les Jean Sarkozy sont les enfants des stars de leurs parents, Pauline ma maman chérie, est ma super star à moi de la lignée des people tels Sharon Stone, Jenifer Lopez, Julia Robert, Laetitia Hallyday, Pauline Lumumba, Winnie Mandela, Rosa Park, Angéla, Michèle Obama, etc.

Que cet écho provenant du cœur d’un orphelin matinal de père que j’ai été n’y soit jamais pris pour une mégalomanie, une mythomanie, une paranoïa, un sentiment bourré d’égoïsme, de fanatisme, du culte de personnalité, mais tout simplement l’expression de mon infinie gratitude, car il faut nécessairement m’avoir vu, avoir entendu parlé de moi, avoir été au début de ma vie, et au moment de la mort de mon papa chéri, de l’âge que j’avais pour bien pouvoir mesurer mon émotion en ce moment précis. J’éprouve pour ma maman tant d’amour, de gratitude, d’estime, de fascination, d’admiration, de respect, car être mère ça se mérite, et ça se vaut.

Mais, il n’y en aura pas que ça tout au long de cet épître, car ma maman est la seule femme qui compte à mes yeux au monde, car non seulement elle est unique dans ce qu’elle peut me comprendre, me tolérer, me supporter, me pardonner pour ce que j’ai été, suis, et serai, mais également il n’y a qu’elle qui me considère toujours comme son gamin, et qui plus est lui ressemble comme deux goûtes d’eau, et évidemment je n’en ai aucune honte en cela, ni aucun complexe à l’affirmer haut et fort, car chacun de nous n’est-il pas ainsi le fils de sa mère ? D’ailleurs n’aurait-il valu qu’il n’y ait jamais eu de père du tout, mais uniquement des mamans, les seules à être douces, compréhensives, affectueuses avec les enfants ? Pourtant, ne pourrait-on pas être un « papa poule », un père gâteux avec ses enfants (comme on m’en identifie dans mon entourage), mais en même temps être très exigeant et d’une extrême sévérité avec les médiocres et les nuls ? A quoi importe d’être un papa cannibale, méchant, impulsif, dangereux, infantile, pédophile avec ses propres enfants ? Je n’y ressemble pas à ma mère qu’au plan morphologie, mais également des valeurs intrinsèques, et je n’hésiterai pas le moins du monde si l’on me disait que c’est d’elle que me vient la grosse capacité intellectuelle qui est la mienne, car même si elle est une analphabète de première catégorie, car ma maman ne sait ni lire ni écrire, elle a toujours fait montre, même très âgée comme elle l’est aujourd’hui, d’une très grande « capabilité » intellectuelle, d’une sérénité, d’une lucidité, d’une sagesse que n’ont même pas la plupart des gens qui sont allés à l’université, et dont on voit tous les jours la médiocrité, l’imbécillité, l’idiotie dans la vie pratique que théorique ! A telle enseigne que je ne m’interdirai jamais de dire qu’après Dieu le Père, le seul être à l’égard duquel je puisse me déclarer, en vérité, redevable, c’est ma mère, car comme disent les Chinois « Donnez aux autres plus que ce qu’ils attendent et … Faites-le avec plaisir » a été aussi la philosophie de ma mère ; mon village entier témoignerait. Seule une mère, moins que le père, en est évidemment capable de donner sans compter.

C’est pourquoi, et n’en déplaise aux machistes, les femmes du monde qu’elles soient noires ou blanches, jaunes ou rouges méritent nos considérations, nos respects, nos affections en signe de gratitude pour ce qu’elles représentent pour des millions d’enfants orphelins de père ou non, adoptés ou non, à savoir patience, bonté, douceur, gentillesse, disponibilité, désintéressement et suprême affection. Car non seulement, la Femme réussit l’exploit de nous porter neuf mois dans son ventre, mais elle est également celle qui accompagne l’enfant durant toutes les vicissitudes de son existence. Voilà pourquoi chacun est-il, à mon avis, le fils ou la fille de sa maman ! Et ce n’est que justice, il me semble, même si je risquais de me taper sur les doigts par les nombreux machistes que je connais personnellement.

3. Une éducation sur le modèle ascétique et du Fakir !

Né pour régner, je mourrai certainement comme j’étais venu au-monde, c’est-à-dire pauvrement, mais dignement si et seulement si une certaine pauvreté rimait avec honneur, bonheur et grandeur. Le sens vital, existential et existentiel de tout homme, quel qu’il soit, tient à ce prix-là. C’est dommage, dira-t-on, mais c’est pourtant la réalité. Car le matériel ne fait pas tout l’homme. Car, la richesse aussi rassurante et « prospérante » qu’elle puisse paraître n’est qu’illusion funeste et misérable poussière. La vie n’est qu’un cycle infernal fait de tant de rêves souvent irréalisables les uns que les autres. Mais aura tort tout celui qui ne s’est jamais permis de rêver; le rêve étant la paix de l’âme, ne pas avoir rêvé c’est en quelque sorte avoir vécu en rupture avec Soi-même « Ne riez jamais, dit un proverbe chinois, des rêves d’un autre. Les gens qui n’ont pas de rêves n’ont pas grand-chose. », ni à faire valoir, ni à proposer, ni encore moins à donner. Surtout qu’il n’est pas faux de se faire orienter sur un vécu de lutte et d’engagement pour le rétablissement de la justice, des droits de l’homme, de l’impératif catégorique, c’est-à-dire de la loi sur l’universalité de la loi kantienne. Au point que ceux et celles qui ne s’y appliqueront mouront pauvres de valeurs morales, intellectuelles, spirituelles, humaines tout court, car « qui lutte, dit-on peut perdre. Mais qui ne lutte pas a déjà perdu ».

L’injustice m’a toujours révolté, mais pas autant que le mensonge et surtout l’hypocrisie. En revanche, ceux qui ne m’aiment pas ou me détestent ont la chance de leurs raisons. Mais s’ils persistaient dans les fausses raisons, ce qu’ils ont raison de ne pas avoir raison. Il est plus facile en effet de déclarer son désamour à quelqu’un, mais ce qui est difficile, c’est de ne pas pouvoir positiver l’amour comme Amour « Aimez profondément et passionnément. Vous pouvez être blessé mais c’est la seule façon de vivre intensément. », disent les Chinois dont Confucius en est l’ancêtre. Pur produit de la Femme, j’ai toujours su pouvoir y compter; elle qui est dessein et dessin de toute vie, de tout bonheur, et de tout avenir à venir. De telle sorte que lorsque Dieu créa Adam, lui qui est Omniscient, il prédit l’errance masculine en lui adjoignant, heureusement d’ailleurs, la femme du nom d’Eve. Les excès et les caprices de celle-ci n’en font pas une pécheresse, mais au contraire divine de postérité, de bonté et de générosité. Car la Femme c’est la Vie, et qui dirait mieux ?

En révélant, comme je l’ai dit seulement un 1/3 de ma vie privée, c’est-à-dire ce que j’ai souhaité que les gens connaissent, mon objectif n’y consistait qu’à montrer la joie que j’écumai en tant qu’enfant dans les bras de ma mère et de mon père, et comment celle-ci s’était envolée définitivement un jour du 14 janvier 1969 avec la mort de mon père -, un père dont pourtant je ne me souviens pas qu’il ait même élevé un jour sa voix, sa main contre moi et cela quoi que j’aie fait -, malgré le soutien et l’apport ô combien appréciables de ma chère maman ; dans ce livre, on le verra, j’ai voulu montrer aux enfants frappés par un mauvais destin qu’il était possible de relever des défis même les plus insurmontables, les plus imprenables si l’on avait été bien éduqué, élevé, instruit et qu’on a conservé les valeurs transmises, dont entre autres celles refuser d’être esclave, valet de pied, major d’home de je ne quel souverain de Belgique ou de France pour ne parler que de ces deux pays que je connais le mieux à part mon pays d’origine la République Démocratique du Congo (RDC en sigle). Les Ecritures saintes parlent de la capacité qu’à chaque humain de se défendre naturellement, de se libérer du mal, de la pauvreté, de l’ignorance par sa seule volonté de vouloir-être.

Pour ces Ecritures Saintes encore, il n’est pas impossible que chacun devienne ce qu’il aura finalement voulu devenir, la meilleure recette étant de penser et de te dire tous les jours que jamais tu n’es pas et ne sera comme les Sharon Stone, Michael Douglas, Richard Gere, Jenifer Lopez, Julia Robert … les Kadhafi. Au contraire, il te faudra te dire que l’essentiel n’était pas que d’être en vie, mais à te battre toujours et encore davantage pour en faire une vie de rêve, ou du moins être heureux. Il n’y a qu’une telle ambition personnelle qui relèvera et t’épanouira des profondeurs obscurantistes faites de la merde des autres.

Le philosophe allemand Hegel dans « La raison dans l’histoire » avait, pourtant, écrit et avec raison que c’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve sa liberté, qu’on prouve que l’essence de la conscience de soi n’est pas l’être, n’est pas le mode immédiat dans lequel la conscience de soi surgit d’abord, n’est pas son enfoncement dans l’expansion de la vie; on prouve plutôt par ce risque que dans la conscience de soi il n’y a rien de présent qui ne soit pour elle un moment disparaissant, on prouve qu’elle est seulement un pur être-pour-soi, que l’individu qui n’a pas mis sa vie en jeu peut bien être reconnu comme personne ; mais il n’a pas atteint la vérité de cette reconnaissance comme reconnaissance d’une conscience de soi indépendante. ». C’est bien ce que Hegel appelait « La lutte à mort des consciences ». En d’autres termes, ce que Hegel voulait dire s’évalue proportionnellement au fait que pour qu’une personne soit reconnue comme absolue liberté, chaque individu doit « montrer » à l’autre que son essence n’est pas dans son existence biologique (le fait qu’il soit là, comme objet vivant, ici et maintenant), mais dans la certitude que sa conscience a d’elle-même. Car, c’est grâce à une telle certitude de moi à moi-même que j’ai pu tenir et défendre debout devant tous mes détracteurs qu’ils aient été africains, congolais, américains, canadiens ou européens (belges et français, surtout).

Merci maman; M-A-M-A-N (cinq lettres magiques) qui traduisent incontestablement l’universalité humaine, car ce mot est le seul, et unique mot qui se dit dans toutes les langues maternelles, comme du reste celui de P-A-P-A, mais à la seule différence qu’il n’en porte guère l’universalité généreuse, gentille, humaine telle qu’en porte celle du mot M-A-M-A-N, car il n’a ni couleur, ni odeur …

Maman pour tes quatre-vingt ans, même si la cécité s’acharne contre toi, maman je voudrais te dire que je t’Aime de tout mon cœur non seulement pour ton don de toi, mais aussi et surtout pour ton abnégation, ton courage, ta lucidité, ta justesse et tes bonnes manières, celles que tu m’as transmises et inculquées, dont la vérité, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité, et surtout le respect des autres. Car et comme disait, maman, le philosophe allemand Schelling la lumière ne se révèle et n’apparaît que dans le combat (Kampf) contre la nuit, laquelle, étant éternel fondement de toute existence, n’existe pas elle-même, bien que par sa relation constante elle s’avère être puissance.

 



[1] (Karl MARX, Manifeste du parti communiste, Editions 10/18, 1962, p. 43)

 

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