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10/08/2014

CONGO-KINSHASA : L'HOMME BATTU A MORT A WASHINGTON ETAIT-IL UN VA-NU-PIED OU UN OPPOSANT?

VERBATIM:

"Toujours est-il que la scène offerte au monde entier n'honore ni le président de la république, ni l'opposition à lui. On a discrédité la nation et le peuple. Comme je l'ai dit, le changement que souhaite de tout coeur les opposants à J. Kabila Kabange ne viendra pas des USA. La preuve, et c'est du jamais vu, même du temps de Mobutu, Bongo Odimba, Sassou Nguesso, Eyadema, on n'y vit pareille scène. Et, si l'opposition congolaise en avait encore de doute, là elle a été servie comme un avant goût de ce qui l'attend dans deux ans." 

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI
Chercheur habilité à diriger des recherches de philosophie
Professeur des universités
Membre des sociétés savantes aux USA et au Canada
Directeur-Administrateur-Animateur de kilimandjero.blogs.dhnet.be

 

COMME UN PARFUM DE REGLEMENT DES COMPTES AVANT 2016 ?

 

On me demande mon point de vue sur ce qu'il s'était passé à Washington entre les gardes présidentiels et les soi-disant "con-combattants". Si c'est en tant que journaliste, on fait fausse route, car je n'en suis pas un. Et, si c'est en tant que blogueur, même si je n'en étais pas obligé, je m'y essayerai dans la mesure du possible.

De prime abord, je n'ai pas été de ceux qui ont apporté leur soutien au voyage du président J. Kabila Kabange, et d'autres chefs d'Etat afro-noirs aux USA pour plusieurs raisons que j'ai expliquées et dont je n'y reviendrai plus ici. Ensuite, j'ai visionné comme tout le monde la vidéo postée où l'on voit effectivement titubé quelqu'un, hagar, perdu, ne sachant manifestant pas là où il était. Vraisemblablement battu sévèrement.

Evidemment, je ne peux que le regretter et le déplorer. On ne devrait pas en arriver là. Sauf si la sécurité physique du chef de l'Etat se sentait réellement menacée. Etait-ce le cas ? Je n'en sais rien. Qu'on ne me demande pas de témoigner ce que ni de près ni de loin je ne connais pas.

On a, dans l'entourage présidentiel, évoqué la légitime défense. C'est ce que j'ai lu dans l'article de Jeuneafrique.com. Ce n'est pas faux. Dans la mesure où dans le passé on a assisté à la bastonnade des responsables politiques congolais démocratiques. Certains en auraient pu être tués tel le cas de mon cousin She Okitundu si la police londonienne n'intervint pas efficacement.

Peut-être que dans l'idée des gardes présidentiels, ils s'attendaient et s'étaient préparés au même scénario. Je ne défends rien. Je ne travaille pas avec Kabila ni avec personne d'autre de son entourage. Mais, j'essaye uniquement de comprendre ce qu'il s'était passé dans la tête de ceux qui ont roué des coups leur compatriote laissé, sans doute, pour mort quelque part à DC Washington.

Quand j'observe l'attitude des agents amerloques, je me dis qu'il y a quelque chose qui ne dit pas son nom. Lequel ? Aucun ne s'y approche ni ne soutient le con-combattant sonné ko débout ! Il tente de se mettre débout comme un boxeur sonné au milieu du ring. En vain. Mais pas un geste de soutien de la part d'aucun agent sur place ! On dirait qu'ils ne le trouvent pas du tout fréquentable ni présentable. Fréquentable peut-être pas. Mais sans doute pas du tout présentable.

L'homme est en treillis ! Est-il soldat, chasseur, loubard ? On ne sait pas. En Europe, cette tenue est celle des chasseurs, et au pire des loubards (délinquants). Il me revient de constater que si cet "opposant" avait été habillé autrement en chemise cravate, veste, il aurait été soutenu par des agents qui étaient là et déambulaient. Opposant, rien n'interdit d'être classique. De s'habiller correctement.Ca donne beaucoup de crédit. L'habit ne fait pas le moine, mais on l'y reconnaît par sa façon de s'habiller.

Cela explique bien pourquoi Joseph Kabila militaire de profession n'était pas en treillis, mais plutôt en tenue de ville comme on dit ici en Europe. Contrairement à notre "combattant", les gardes du chef de l'Etat étaient, eux, en chemise, veste, cravate. Ils seraient, comme ça, plus recommandables, aux yeux de l'opinion, que le « con-combattant » à terre, dont personne ne comprenait ce qu'il faisait là ! Est-il, et c'est le moment de nous poser la question, sensé de se déplacer jusqu'à Washington défier le président de la RDC en treillis pour y être entendu ? Faut-il s'appeler "commandant", "général", "colonel", "maréchal", ou je ne sais qui d'autre pour contraindre le président Kabila à ne pas réviser la constitution en vue de se représenter après son deuxième et dernier mandat ?

Toujours est-il que la scène offerte au monde entier n'honore ni le président de la république, ni l'opposition à lui. On a discrédité la nation et le peuple. Comme je l'ai dit, le changement que souhaite de tout coeur les opposants à J. Kabila Kabange ne viendra pas des USA. La preuve, et c'est du jamais vu, même du temps de Mobutu, Bongo Odimba, Sassou Nguesso, Eyadema, on n'y vit pareille scène. Et, si 'lopposition congolaise en avait encore de doute, là elle a été servie comme un avant-goût de ce qui l'attend dans deux ans.

Ceux qui gouvernent, et tiennent à conserver le pouvoir sont à Kinshasa. S'il y a la contestation à faire, descendez là-bas. On y vit. Tout le monde peut dire ce qu'il veut. Evidemment, la RDC comme la plupart des pays africains ne peut pas se dire exempte des bavures liées à l'expression et à l'opinion. Mais, il y a un grand changement par rapport au mobutisme.

Evidemment qu'on ne va pas vous laisser cabosser par on ne sait quel objet le cortège présidentiel, sans qu'on vous fasse voir de toutes les couleurs. Parce que c'est de bonne guerre, vous dira-t-on là-bas. La démocratie "à l'occidentale", il ne faut pas rêver chez nous en Afrique. C'est en France qu'on peut se saisir de la colle de chemise de Sarkozy, ou tirer sur le cortège de Jacques Chirac pour s'en sortir vivant au fait que les intéressés qui ont osé étaient des déséquilibrés mentaux ! En Afrique, direction toute désignée, c'est le cercueil. Parce que, nous les africains, avions une conception du chef qui est radicalement différente de celle des européens et occidentaux blancs. Chez nous en Afrique, le chef est sacré. Il est celui à qui on doit rendre compte, on doit servir, on doit aimer, et quoi qu'il ait fait ... En Europe, c'est l'inverse. Il est redevable, et au service jours et nuits. Le pouvoir n'est pas absolument une carrière, mais un mandat. Même si le népotisme, chez eux, faisait rage. Le papa parti à la retraite, c'est le fils qui reprend le flambeau. De Louis Michel à Charles Michel, et Georges Bush à Georges Bush junior, entre autres, la route est vaste et longue.

Vous ne voulez pas subir la tradition africaine et ancestrale du chef, abstenez-vous de vous y rendre. Restez à vie en exile. Et si vous ne disposez pas de moyens pharaoniques pour y aller prendre le pouvoir pa la force des armes, n'y allez pas vous amuser à jeter des cailloux sur les cortèges présidentiels, parce qu'on ne vous y laissera jamais la vie sauve. En d'autres termes, soyez conséquent ! Lumumba et Kabila ont payé de leur vie quand ils étaient au pouvoir et avaient le pouvoir. Autrement dit quand ils étaient sous le feu de l'actualité. Mais vous, minable soi-disant "opposant", qui parlera de vous quand on s'y saisira de vous ? personne.

Je n'en appelle pas, loin sans faux, à la paresse ou à la passivité politique. J'en appelle plutôt au réalisme politique. Je dis que la démocratie "à l'occidentale"en Afrique a encore du chemin à faire. Même si l'Occident n'est pas pour moi un modèle de démocratie au regard de sa politique étrangère et des assassinats commis en dehors de ses frontières. Il nous fait croire que son espace politique interne était démocratique, mais quand on voit son attitude sans concession, depuis la nuit des temps, à l'époque coloniale, sans citer l'esclavage, et après on ne peut pas ne pas faire preuve de beaucoup de scepticisme à son sujet.

Même si on peut ici, à la différence de l'Afrique, parler du mal de je ne sais quelle autorité politique, quel gouvernement, sans nécessairement risquer pour sa vie. En dehors de ça, en Occident tout est dictature politique, sociale, économique, enfin dictature tout court. Regardez comment Obama fait contrôler par son administration les téléphones et ordinateurs portables des voyageurs vers son pays (j'en reviens); autorisent les écoutes téléphoniques de son propre peuple !!! Au nom de quoi ? De ce qu'on appelle le "Patriot Act" là-bas ! C'est cela la démocratie ?

Mais qu'est-ce que c'est que la démocratie ? On me dit que c'est l'exercice du pouvoir par le peuple ! Ah bon ! Si c'était le cas, où était-il ce peuple ? Etait-il celui qui fait la guerre en ce moment à Gaza ? That is the question, soupire l'anglais. Pardon ne me parlez plus jamais de démocratie. Parce qu'en plus d'être obsolète, cette notion est tout simplement métaphysique. Pas une notion relative, car ça donnerait encore à d'autres malformés spirituels le droit de mépriser à l'abri des regards voire au vu et au su, en clair ou en crypté, ceux-là mêmes qui détiennent le pouvoir (le peuple), mais au contraire une notion vague et inopérante.

La démocratie n'existe que dans nos têtes, dans les dictionnaires de philosophie, de français, de politique, mais jamais dans la vraie réalité. Elle n'est même pas à bâtir, ou à construire. Parce qu'on ne peut bâtir que ce qui existe. Elle n'est même pas à construire. Car on ne peut construire que ce qu'on a déjà construit et puis détruit. Cessons d'amuser la galerie. La démocratie n'existe pas. Ce qui existe n'existe qu'en tant que "démocrature" (j'invente, c'est-à-dire une pratique dictatoriale de la démocratie). Des pays civilisés, développés aux pays du Tiers-Monde, partout ailleurs et nulle part ailleurs, c'est cette démocrature qui est d'action.

Commentaires

En ce moment, il semble que Movable Type est la plateforme de blogs top là-bas en ce moment. (à partir de ce que j'ai lu) Qu'est-ce que vous utilisez sur votre blog ?

Écrit par : maxosize temoignage | 08/10/2014

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