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18/08/2014

CONGO-KINSHASA:QUI A-T-IL DANS LA NATIONALITE DE JOSEPH KABILA KABANGE?

VERBATIME:

"JOSEPH KABILA KABANGE EST CONGOLAIS. Biologique ou d’adoption, il est congolais. Ce débat me déçoit et m’énerve au regard du comportement déliquescent qu’affichent les soi-disant vrais congolais devant les intérêts supérieurs de la nation, et surtout lorsque ceux-ci sont mis en mal, ou simplement lorsqu’on doit y faire le tout pour le tout pour les pousser de l’avant. L’homme congolais est un grand diseur, et parleur. Or, les plus grands diseurs ne sont pas toujours les plus grands faiseurs. Parlons peu et faisons beaucoup, telle devait être la devise de l’homme congolais."

 

 

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

Chercheur habilité à diriger des recherches de philosophie

Professeur des universités

Membre des sociétés savantes aux USA et au Canada

Directeur-Administrateur du kilimandjero.blogs.dhnet.be

Membre du CA NTM

 


QUI A-T-IL DANS LA NATIONALITE DE JOSEPH KABILA KABANGE?

Si je me pose cette question brûlante, c’est à raison des bruits, des conflits qu’elle suscite dans l’opinion congolaise. Celle-ci veut savoir, depuis l’accession à la magistrature suprême de l’actuel chef de l’Etat congolais démocratique, si celui-ci était congolais. J’ai moi-même fait des analyses, et surtout répondu à cette question de la manière suivante dans un livre intitulé « Joseph Kabila Kabange en trois questions. Qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? », (Institut Africain du Savoir, Bibliothèque Royale de Belgique, 2006). Dans ce livre, j’ai montré que la question posée, en tant qu’humain et africain de surcroît, n’avait aucun sens. Parce qu’en Afrique, du moins selon la tradition et la coutume, il n’existe pas d’enfants naturels. Que l’on soit né d’un père biologique ou d’adoption, un enfant était toujours un enfant. Point à la ligne. L’autre argument que j’avançai relevait simplement de la lignée matrimoniale. Laquelle ? Un enfant est conçu par deux personnes le père et la mère. A partir de la conception jusqu’à l’accouchement, l’enfant est celui de ces deux personnes. Les seules, donc, à déterminer sa totale ou partielle identité. Enfin, je me demandai comment Mzee Laurent-Désiré Kabila, un vieux maquisard téméraire, un homme plein de lucidité, de vigilance, et un véritable révolutionnaire a-t-il pu, comme ça, même fou ou manipulé, présenté au peuple congolais, au milieu de sa légendaire tribu d’enfants, un enfant qui n’était pas le sien ?

Au regard de la déliquescence de la situation politique, économique, sociale, et culturelle en RDC, cette question en était-elle la priorité des priorités ? Au moment où l’Europe qui a inspiré et fasciné tant l’homme noir sur plusieurs aspects de la vie des peuples, dont justement cette question des origines, l'Europe a aboli des frontières, distribue ses origines à d'autres peuples qui les désirent ou les demandent, n’est-il pas trop ringard de s’attarder sur les nationalités des individus, mieux, les composantes des peuples ? Qu’est-ce que ça ferait au Congo-Kinshasa pour son développement intégral (politique, économique, social, culturel), ou pour son sous-développement total aussi, si un chef d'Etat était de souche ou non ? Etait-ce la nationalité d’un homme qui travaille pour faire avancer un pays, ou au contraire c'est la volonté qui est en lui, et qu’il y met, qui en reste un facteur déterminant ? Devrions-nous d'un côté laisser courir des anti-valeurs dont étaient tenants ou auteurs certains « vrais" congolais au seul fait qu’ils étaient congolais d’origine? Et d'un autre côté, nous en prendre aux étrangers qu’ils soient rwandais, ougandais, burundais, angolais, belges, français, amerloques, allemands, indiens, pakistanais, et j’en passe, parce qu'ils étaient étrangers ? Que ferions-nous de ces étrangers-là qui étaient même prêts à risquer leur vie pour le Congo-Kinshasa ? Le leur priverions-nous un tel sacrifice parce qu’ils n’ étaient pas des natifs, ou des originaires ? Pisserions-nous sur les tombes ou les cadavres de ceux d'entre eux (étrangers des étrangers) qui étaient tombés pour défendre les frontières du Congo-Kinshasa, sans diffamer la symbolique du "soldat inconnu" ? Dans le même temps quel sort réserverions-nous aux soi-disant « vrais » congolais, dont les seuls hauts faits d’arme sont la trahison, la facilité, les détournements des deniers publics, l’infantilisme, l'incurie ? Le leur pardonnerions-nous tous ces vices au seul fait qu’ils étaient congolais d’origine ? Dans l'affirmative quelle échelle de valeur morale établirions-nous entre un non congolais (étranger), et un « vrai » congolais (natif), dont le premier (l’étranger) accède  à la quiétude économique et sociale par le travail, et le second (le natif) par la mendicité, le laxisme, l'oisiveté, la paresse, la fatigue, l’ineptie, l’inutilité, le clanisme, le tribalisme, le clientélisme, le machiavélisme ? Plus clairement, de quel type d’homme congolais serait-on le plus trop fier ? Etait-ce celui qui travaille, occupe l’espace et le transforme (l’étranger) tant pour lui que pour l'autre plus grand nombre, ou celui qui occupe l’espace, ne travaille pas, ne le transforme jamais quasi, mais n'y vise que son intérêt égoïste, en entretenant la chasse aux sorcières contre les étrangers qu’il accuse en longueurs des journées de le traumatiser chez lui et le désigne comme ceux-là par lesquels étaient arrivés ses malheurs, ses déboires ?

Joseph Kabila Kabange est l’enfant du camarade Mzee Laurent-Désiré Kabila assassiné crapuleusement par ceux que l’on sait (grâce à la main d’œuvre locale composée, pourtant, de ceux qui se targuent de l’étiquette des « vrais » congolais !). S’il y a un coupable devant rendre compte de ça, c’est Mzee. Hélas assassiné, et ne peut plus se justifier. Comment rendrait-on responsable l’enfant d’une situation qui a été perpétrée par son père ? C’est celui-ci qui le présenta aux congolais comme son héritier testamentaire de sa vie politique, civile et militaire. C’est lui qui le fit connaître aux congolais et de ceux-ci. JKK s’est retrouvé à la tête de l’Etat comme par hasard. Il ne s’y était jamais préparé. Mais c’est son destin. Doit-on lui en vouloir à lui, ou plutôt à son destin, ou encore à son Dieu créateur de la terre du ciel ? Oh que la jalousie est un vice tenace aux congolais.

Si on veut solutionner la question relative à la nationalité de l’actuel locataire du Palais de la Nation de Kinshasa, une chose serait de la déplacer sur le terrain de la psychiatrie. Se demander si Mzee n’était pas atteint psychiquement quand il prît ce risque-là, s’il en était vraiment un finalement, de confier son héritage civil, politique et militaire à JKK alors qu’il n'en était pas moins sensé ignorer qu’il était rwandais ? Dans mon livre susmentionné ci-haut, je ne fais aucune part belle ni à la psychiatrie, ni à la psychologie, mais plutôt à l’homme. Je m'étais convaincu de l’équilibre mental de Mzee, et de son assurance biologique. Je me dis que s’il l’avait fait ce qu’il était sûr, très sûr, de lui-même, que Joseph Kabila Kabange n’avait pas le sang rwandais, et qu’il était tout autant congolais qu’un autre « vrai » congolais niché au pays ou à l'extérieur. Africain jusque dans le tréfonds de mon âme, malgré la naturalisation belge, je n’y trouve pas de différence entre un enfant adoptif et un enfant biologique. L’un n’en valait pas plus qu’un autre. Ils sont deux enfants qui ont la même importance et place aux yeux des juridictions anciennes ou modernes. Un point de détail par rapport auquel aucun afro-noir traditionnel ou coutumier ne s’y serait jamais attardé. Mon père qui fût chef coutumier et chef des clans, aurait dit qu’un enfant adoptif n’était pas la moitié d’un enfant biologique. En accord avec lui, je sais que ces deux types d’enfants se valent. Dans un cas comme dans un autre cas, Mzee Laurent-Désiré Kabila n’était ni fou, ni malade de quoi que ce soit. De telle sorte que s’il a présenté J. Kabila Kabange au peuple congolais c’est que dans un cas comme dans un autre cas, dis-je, il fut l’enfant dont il a été, sans doute, le plus fier ; un enfant qu’il aimait et "chériait" énormément. Voilà la vraie vérité.

On peut penser ce qu’on peut penser, j’estime que la question sur la nationalité de J. Kabila est une fuite en avant. Elle est le propre d’un peuple qui est en manque de repère, d’imagination créatrice, productrice, introductrice de l’invention dans l’Histoire, et surtout en défaut du fil conducteur culturel et social. La question, et la bonne, est celle de savoir en quoi les origines de J. Kabila Kabange empêchent-elles l’émergence du Congo-Kinshasa ? Il y a TRENTE-DEUX ANS Mobutu occupait la République du Zaïre, il plongea le pays dans une obscurité millénaire. Malgré les richesses de ce pays, et le soutien occidental sans faille. Qu’y a-t-il laissé aux ex-zaïrois ? qu’un héritage menaçant : « après moi, le déluge », « ma tête je la vendrai trop chère », ou encore « il n’est pas encore arrivé le moment où vous allez vous entretuer et vous manger les cadavres », etc. Pourtant, le Maréchal ne fut pas zaïrois ni de père, ni de mère. Ceux-ci étaient togolais. Qui en parlait ? Personne ! Que dire, alors de la situation sociale, politique, économique, culturelle qu’il nous a légua ? affirmerions-nous, ou soutiendrons-nous aujourd'hui que l' obscurantisme politique, économique, social, culturel que Mobutu fit engendrer au Zaïre était dû à ses origines togolaises, ou simplement à raison de l’incapacité congénital de l’homme zaïrois de créer, de produire,  d’inventer, et surtout d’être un joueur d’échec, de se répandre et de se prendre en charge depuis la nuit des temps immémoriaux ? La façon dont les opposants résolus à J. Kabila évoquent la question de ses origines, c'est comme si à la tête de l'ex Zaïre, présidait un vrai zaïrois, qui a alors à son identité de "vrai" zaïrois a laissé derrière lui un pays émergent ! Pourquoi les "vrais" congolais ne seraient-ils pas aujourd'hui entrain de s'en prendre pour commencer aux origines de Mobutu comme la cause première du sous-sous-sous-développement du Zaïre, avant de chercher à révéler au monde, s'il y en avait matière, l'authenticité identitaire de J. Kabila? Si S. Freud réapparaissait, il conseillerait aux "vrais" congolais la même démarche que celle que je leur initie : comprendre d'abord Mobutu avant de comprendre J. Kabila. Parce que comprendre son passé aiderait à comprendre son présent, et à orienter son futur. Telle est la stratégie de la psychanalyse. Si, donc, les parents du Maréchal Mobutu étaient togolais, on ne dirait que ce dictateur-là était "vrai" zaïrois. Et, pourtant, il y est resté 32 ans au pouvoir., sans que personne ne lui ait demandé le moindre compte. Au contraire, il a fait chanter et danser nos parents et nous-mêmes. Ah heureusement que le ridicule ne tue jamais. Ceux qui le savaient ou le soupçonnaient, simplement, brillaient par un mutisme assourdissant. S'y risquer d'en parler, même en aparté, c'était le rendez-vous avec la tombe plutôt que prévu. Moi-même, nourrisson, enfant, et adulte, je n’en entendis jamais parlé avant l'écroulement  tant imprévu qu'inattendu de son régime !

Mais je ne meurs pas aujourd'hui sur les origines de Mobutu. Je me contente de l'héritage qu'il légua à son peuple : le "nationalisme zaïrois authentique". Un "nationalisme" sans lequel l'après lui aurait été catastrophique pour l'équilibre territorial de l'immense Congo-Kinshasa. Car, on peut tout contester au Maréchal Mobutu, sauf l'UNITE NATIONALE. Et une certaine dignité du zaïrois, dont lui enviait beaucoup de ses compatriotes afro-noirs. On n'était pas encore devenus, c'est vrai, la risée de la terre entière comme en ce moment.Je n'ai jamais ni pissé ni chié sur ce "glorieux" héritage : je le dis encore le "nationalisme zaïrois authentique".

Evoquer les origines de nos dirigeants ne me dérange nullement. Car, ça ne devrait jamais être une question tabou. On peut en parler. Sans que quelqu'un meurt. Mais, encore une fois à quoi bon ? Avons-nous besoin de ça pour dé-construire la RDC? Etait-ce une question vitale pour le destin et/ou la destinée du pays des "vrais" congolais ? Le plus constructif, à mon sens, reste un débat d'idées, non des personnes. Privilégier le débat sur les individus, c'est rester sectaire et primaire. Et le débat d'idées, se replie sur ces genres de questions : quelle identité donnerions-nous à ceux qui détournent des millions, des milliards de dollars américains qu'ils remplissent dans leurs comptes personnels, leurs familles, au lieu de mettre tout cet argent pour le développement de leur pays et du peuple congolais ? Qu’était-ce être congolais ? Etait-ce, comme je viens de le dire, il y a un moment, le natif qui ne fait rien pour ses terres, mais n’a que la rancœur ferme et tenace à l’encontre des étrangers qui, eux, y travaillent, et s’y enrichissent par leur labor ? Etait-ce celui (le natif) qui, amorphe, inutile, inconséquent, sénile, empêche l’étranger d’exploiter à bon escient les capacités intégrales de ses terres, alors qu’il en est privé lui-même de toute initiative du genre ? Qu’aurions-nous été en ce moment si le colon belge ne s’y était pas aventuré par-là, encore au Moyen-Âge, sans doute, à l’instar de cette espèce de péruviens qui viennent d’entrer en contact avec le monde moderne qu’aujourd’hui seulement ? Qu’avions-nous à faire valoir au monde et à l’humanité aujourd’hui, qui provient de nos efforts personnels en tant que "vrais" congolais ? RIEN. Les aéroports, les gares, les quais, les routes, les hôpitaux, les universités, les écoles, etc. sont fruits de l’ex colonisation belge ! Qu’il s’agisse du mobutisme ou du kabilisme, la « modernité » n’y a été impliquée que sur la "traditionalité" coloniale belge. Pourquoi, je me demande alors, tant de haine à l’encontre des belges, et de tous les autres étrangers, qui nous apportent, ce dont nous n’en sommes jamais nous-mêmes capables ? Impures, impotents, ridicules, inertes, séniles, dépassés, démodés nous n’en sommes, à vrai dire, que des rebus de la société mondiale, qui n’y voient que leurs intérêts personnels. Des "vrais"  congolais soi-disant, mais plus dangereux que J. Kabila Kabange qu’ils accusent, mais faussement voire anarchiquement, de rwandais.

Traiterions-nous de rwandais, c’est-à-dire d’étranger, un homme (je parle de J. Kabila Kabange, dont on dit pourtant le pire sur le plan académique et scientifique), qui dit posséder une vision pour son pays ? Comme je l’ai toujours dit, le diplôme n’était qu’un simple papier, qui ne garantissait à son détenteur ni aucune sagesse humaine, ni aucun confort intellectuel. J’ai inventé une distinction restée dores et déjà « célèbre » dans les milieux afro-congolais de Kinshasa, de Bruxelles, de Paris, de Bonn, de Baltimore, d’Ottawa, et de Montréal entre deux types d’individus dont d’un côté les « analphabètes-analphabètes », et d’autre côté les « intellectuels-analphabètes ». La première catégorie regroupe des "vrais" congolais qui n’ont pas étudié effectivement et peuvent avoir une conception alcoolique de la démocratie, par exemple, lorsqu’ils argueront que c’était de leur droit de pisser partout et nulle part ailleurs au nom de la démocratie, quant à la seconde catégorie elle était celle qui regroupe d'autres "vrais" congolais qui ont étudié, et possèdent effectivement un diplôme, mais font preuve d’un comportement sadique, irréfléchi, malhonnête à chaque étape de leur vie, au point de ne plus même savoir distinguer le bien et le mal, le laid et le beau, le noir et le blanc, le cochon et le con, etc.

A-t-on oublié la leçon faite par Joseph Kabila aux soi-disant universitaires congolais et aux tenants mordicus de la « congolité » dans son interview au New York Time (2008) ? A ceux qui ne s’en rappellent plus, je me donne le devoir de leur rafraîchir un peu la mémoire et très brièvement. A une question du journaliste de ce célèbre journal amerloque qui voulait savoir si pour faire mieux dans son pays, M. Kabila devait-il compter sur sa classe politique à hauteur de combien de collaborateurs ? J.KK lui répondit qu’un pays n’avait pas besoin d’un millier de conseillers ou de courtisans pour atteindre l’émergence, mais juste besoin d'au moins 15 personnes, pas n’importe lesquels conseillers, mais ceux qui regardaient dans la même direction, qui élaboraient des stratégies juteuses pour leur pays, qui étaient résolus, courageux et avaient l’esprit patriotique et nationaliste … Revenant à la charge comme pour pousser le chef de l’Etat à en être plus précis, son intervieweur lui demanda s’il avait déjà ces quinze personnes ? J. Kabila Kabange lui répondit sèchement, sans langue de bois comme on dit spécialement en France, que non, car il ne pouvait compter que sur 1, 2, ou 3 personnes, sans plus … (conclut-il) !

Avait-on entendu un seul soi-disant universitaire "vrai" congolais du gouvernement démissionner, ou s’y être inquiété d’y avoir été jugé de la sorte ? Non. Parce que ce qui intéresse un congolais ce n’est pas ce qu’on dit de lui ou sur lui, lui la vie n’a jamais été une question de réputation ; lui il mange pour vivre. Et, après pisser, et chier. Point à la ligne. J. Kabila connaît bien son monde. S’il ne parle pas beaucoup, c’est parce qu’ayant vécu longtemps en exile, avec son père L-D. Kabila, dans des pays où les gens travaillent plus qu’ils ne parlent, ni se vantent des richesses qu’ils ont, il sait mieux que quiconque au Congo-Kinshasa que moins il parlera, mieux ça sera, et y suscitera la curiosité. L’homme congolais aime parler et faire parler de lui, et la plupart de foi pour rien du tout.

Ma dernière question est celle-ci : s’il est vrai, comme arguent ses opposants, que Joseph Kabila Kabange était rwandais, la vraie question ne serait-elle pas quand même celle de savoir comment UN SEUL RWANDAIS soumettrait-il un peu plus de 70 M ou 100 M de congolais s’il ne bénéficiait pas des complicités voire des machiavélismes internes ? D’après ce que j’ai ouïe dire, on me rapporta  que le président de la république serait otage d’une infime catégorie de congolais; qu’il pourrait vouloir s’en aller en 2016, mais ce groupuscule qui l’entoure fait ombrage et s’y interpose. Mais ça ce n'est pas nouveau. Car, derrière et/ou avec J. Kabila Kabange, c’est une façon, à eux, d’y exister, et d’y vivre pour boire et manger, et d’y danser, surtout. Tel serait pour ce petit groupe le but même de faire la politique. Bloquer l’alternance. Mais pourvu qu’ils y vivent leur petite vie. Etait-ce ça être « vrai » congolais », ou plutôt faux congolais ? Il faut choisir. Avant d’enlever la poudre qui est dans l’œil de l’autre fais-en d’abord enlever la tienne, disent les Ecritures. Compter comme quelqu'un au Congo-Kinshasa, ce n’est être ni nationaliste, ni patriote. Jamais, sous la kabilie, le mobutisme ne s’était pas bien porté : clanisme, népotisme, tribalisme, ethnicisme,  clientélisme, jusqu’au-boutisme social, politique, économique, culturel pervers, etc. Ce qui a à craindre ce n’est pas de ne pas savoir ce qu’il en est des origines de Joseph Kabila Kabange, mais de devoir répondre des congolais « vrais » et « authentiques », mais qui n’y connaissent et n’y comprennent rien de leur pays.

Des congolais, dont la seule vérité politique est tribale, clanique, ethnique. S’il peut faire quelque chose pour son pays, c’est avec des collaborateurs avec lesquels ils partagent les mêmes idées familiales, amicales, claniques, tribales, parce qu’au moins avec ceux-ci, ils ne risquaient rien ! Vraiment ? De l’adage selon lequel du choc des idées jaillit la lumière, ils s’en foutent. Alors comment veut-on que les choses avancent en RDC, que les mentalités changent ? Impossible à ce stade. Incapable et perdue, une partie du peuple en manque de stratégies progressistes pour faire avancer leur pays, s’y adonnent à leur jeu attractif habituel : la délation et la diffamation. Quoi de plus attractif que des invectives et quolibets sur les origines de Joseph Kabila Kabange pour distraire le peuple martyr du Kivu, par exemple, qui a besoin de connaître les raisons d’un tel calvaire qu’on lui fait subir ? La différence qui aurait dû être entre un inculte et un universitaire, était celle de se poser des bonnes questions. Tirer des bons constats y faisait partie.

Le constat est ici-, et je veux bien entendre qu'on me taxe de kabiliste, que je ne suis pas, moins encore partisan du Pprd parti majoritaire en RDC-, par exemple celui de savoir quand les déstabilisations ont débutées au Kivu, JKK n’était pas encore né ! Parmi les questions d'idées qui auraient dû faire travailler les méninges des opposants du kabilisme et de J. Kabila Kabange, en sont, entre autres, celles relatives à l'assassinat crapuleux du très dynamique et courageux fils du pays le colonel Mamadou Ndala (de toute mon estime), lui qui venait de vaincre le M23 ? Comme l'exile a donné à certains "vrais" congolais des vrais talents de Derrick, de Colombo, de Sherlock Holmes, et j'en passe, voilà une question dont aurait été heureux les entendre. Et celles-ci comme : qui a entretenu ce mouvement rebelle et sanguinaire ? Pour quel motif et pour quelle cause ? Qu’est-ce qui explique les multiples et pressantes ingérences du major d’home Obama et son département d’Etat us dans les affaires politiques pré-électorales en RDC ? Qu’y cachent-t-elles ? Telles sont les questions que nous aurions dû nous poser en tant que "vrais" congolais non seulement, mais peuple congolais mature et réfléchi également. Parce que de ces questions, moins que de celles relatives aux origines de JKK, nous en aurions été en mesure d’éviter une troisième trahison, en plus de ce dont on a été victime par deux fois dans le passé déjà, par manque de raison gardée, avec le double assassinat du leader indépendantiste congolais Patrice-Emery Lumumba et l’anti-américain tout déclaré le camarade Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Mais hélas qu'il s'agisse de la classe politico-politicienne que de la classe non politique congolaises, les deux groupements sont composée ci et là des amateurs et armateurs de Bière, de Femmes, et de Musiques (BFM en sigle). Peu importe l’avenir de leur pays, et encore moins celui du peuple. Le plus important, pour ceux qui ont eu la chance de faire partie de la classe politico-politicienne, c’est d’y aller manger des cabris quelque part au quartier Ma Campagne, à Victoire/Matonge, ou à  Gombe.

JOSEPH KABILA KABANGE EST CONGOLAIS. Biologique ou d’adoption, il est congolais. Ce débat me déçoit et m’énerve au regard du comportement déliquescent qu’affichent les soi-disant vrais congolais devant les intérêts supérieurs de la nation, et surtout lorsque ceux-ci sont mis en mal, ou simplement lorsqu’on doit y faire le tout pour le tout pour les pousser de l’avant. L’homme congolais est un grand diseur, et parleur. Or, les plus grands diseurs ne sont pas toujours les plus grands faiseurs. Parlons peu et faisons beaucoup, telle devait être la devise de l’homme congolais.

 

 

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

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