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10/02/2015

AFFAIRES BEBES ECHANGES : IL N'EST PAS BON D'ÊTRE TEINTE BZONZE QUE SES PARENTS CA FAIT DESORDRE OU BIZARRE? LES DEUX!

VERBATIM:

"C'est à l'âge de dix ans que Manon et ses parents découvriront l'erreur. Le père de Manon réclame des tests ADN de paternité, troublé par son absence de ressemblance avec sa fille au teint plus hâlé, source de railleries et, selon Me Collard, de soupçons d'infidélité. Sophie découvrira qu'elle n'est pas non plus la mère biologique."

source:dhnet.be


Bébés échangés il y a 20 ans en France: près de 2 millions d'euros pour les familles

AFP Publié le mardi 10 février 2015 à 12h41 - Mis à jour le mardi 10 février 2015 à 14h27

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Leurs enfants biologiques avaient été inversés par mégarde à leur naissance dans une clinique du sud-est de la France. Plus de vingt ans plus tard, les deux familles ont obtenu mardi 1,88 million d'euros au total en réparation du préjudice subi.

Les familles des deux petites filles échangées réclamaient plus de 12 millions d'euros de dommages, une somme astronomique peu habituelle dans les tribunaux français.

Elles n'avaient découvert l'erreur qu'à la faveur d'un test ADN dix ans plus tard, mais n'avaient jamais réclamé d'échange entre les deux petites filles - aujourd'hui des jeunes femmes.

Le tribunal a condamné la clinique de la ville de Cannes, sur la Riviera, ainsi que sa société d'assurances à verser 400.000 euros par enfant échangé, 300.000 euros aux parents concernés, et 60.000 pour les frères et soeur, au nombre trois.

Les familles ont en revanche été déboutées de leurs demandes formées contre les médecins.

Me Sophie Chas, avocate de la clinique et de sa société d'assurance, avait rejeté la faute de l'inversion sur une auxiliaire puéricultrice "alcoolique chronique".

L'avocat de l'une des deux familles, les Serrano, s'est dit dans une déclaration à la radio France Info "tout à fait satisfait de la décision qui a été rendue".

Selon Me Gilbert Collard, Mme Serrano et sa fille "sont soulagés que la responsabilité de la clinique soit reconnue", et il n'est "pas question pour nous de faire appel".

Cette famille a choisi l'exposition médiatique, tandis que l'autre a préféré rester anonyme.

L'affaire avait commencé le 4 juillet 1994, lorsque Sophie Serrano accouchait d'une petite Manon. Atteinte d'une jaunisse, la fillette s'était retrouvée dans la même couveuse munie de lampes UV qu'un autre nouveau-né, une petite fille également, venue au monde le lendemain. Dans la nuit du 8 juillet, elles seront interverties par mégarde et remises à leurs faux parents par une auxiliaire puéricultrice.

Les jeunes mamans exprimeront des doutes face à certaines différences constatées, mises sur le compte des lampes par le personnel.

C'est à l'âge de dix ans que Manon et ses parents découvriront l'erreur. Le père de Manon réclame des tests ADN de paternité, troublé par son absence de ressemblance avec sa fille au teint plus hâlé, source de railleries et, selon Me Collard, de soupçons d'infidélité. Sophie découvrira qu'elle n'est pas non plus la mère biologique.

Une enquête est menée pour retrouver l'autre famille. On s'aperçoit qu'à l'époque, trois nourrissons souffraient de la jaunisse dans la maternité cannoise, un garçon et deux filles, selon l'avocate de l'un des gynécologues accoucheurs mis en cause.

L'autre famille, originaire de l'île française de la Réunion, vit dans la région de Grasse, proche de Cannes. Les parents rencontrent pour la première fois leurs filles biologiques de dix ans, sans demander d'échange.

"C'est un moment assez troublant, très bizarre", avait confié en décembre Manon, vingt ans, à la sortie de l'audience en décembre. "On se retrouve devant une femme qui est biologiquement sa mère et qui est une inconnue".

Les deux familles ne se côtoient pas. "C'est trop difficile, donc chacun prend son chemin parce que c'est tellement bouleversant, c'était le seul moyen de retrouver une certaine stabilité", a expliqué Sophie Serrano, 38 ans, qui se dit très proche de sa fille non biologique.

"C'est quelque chose que je ne souhaite vraiment à personne", avait-elle assuré. Elle n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP après l'annonce du jugement.

L'échange par erreur de bébés reste peu fréquent dans le monde, surtout qu'un bracelet d'identification est généralement apposé au poignet des nouveau-nés afin d'éviter les échanges malencontreux.

L'été passé, la justice italienne a été saisie pour une affaire d'embryons échangés dont sont nés le 3 août deux jumeaux réclamés par deux couples.

Quelques mois auparavant, la presse sud-africaine s'était fait l'écho de la découverte par deux femmes que leurs filles, âgées de 3 ans, avaient été échangées à la naissance.

En 2011, une maternité russe avait été condamnée à payer 140.000 euros de dommages et intérêts pour avoir échangé par erreur, 12 ans plus tôt, deux bébés.

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