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20/11/2015

ERIC CANTONA ET LA POLITIQUE

VERBATIM:

"J'aime beaucoup Eric Cantona, surtout comme footballeur,mais même comme acteur politique. On sent dans certains de ses propos que c'est un homme engagé, et qu'il a vrai. Mais en ce qui me concerne, et peu importe la cause qu'on défend, que l'on soit de gauche, ou de droite, ou de je n'en sais encore quoi, il est quasi impossible de comprendre le terrorisme voire de tenter de le justifier. Les terroristes ne répondent pas de la race humaine et ça peu importe la cause qu'on a à cœur. Donner la mort à des citoyens innocents au nom de je ne sais quel Dieu, est tout simplement lâche et totalement absurde. Maintenant, je n'accuse pas Cantona de défendre ou de comprendre le terrorisme, car il a effectivement raison de dire que tout ce qui est arrive maintenant est de la faute de la classe politique occidentale totalement folle, mythomane, et mégalomane, seulement venant d'une icône comme lui, ces marchands de morts aveugles risquent d'y trouver caution, voilà".

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

Directeur-Administrateur de kilimandjero.blogs.dhnet.be


I

 

Accueil » Moyen Orient » Le Meilleur des Mondes – Eric Cantona

Le Meilleur des Mondes – Eric Cantona

publié dans 17 novembre 2015 par Olivier dans Moyen Orient // 1 Commentaire

Voici les vrais responsables de nos malheurs (sarkozy, hollande et Marine…).

Jusqu’à Jacques CHIRAC, la France n’avait que des amis et des alliés dans le monde arabe. La France était perçue comme une nation qui partout favorisait la paix et le dialogue.

Puis Sarkozy est arrivé et tout a changé. Nos amis d’hier sont devenus nos ennemis. Nos alliés d’hier sont devenus nos adversaires d’aujourd’hui.

En Afghanistan, en Irak, en Libye, au Tchad, en Syrie nous avons semé la mort et la terreur. Nous avons voulu imposer « la démocratie » à coups de bombes à des peuples qui n’en veulent pas. Nous avons voulu exporter des valeurs auxquelles nous-mêmes ne croyons plus. Nous avons infligé tellement de souffrances qu’aujourd’hui nous récoltons ce que nous avons semé.

Nos politiciens font les guerres au lieu de s’occuper des problèmes graves de notre pays. Le chômage explose, la misère s’étend, nos retraités font les poubelles pour pouvoir survivre, notre jeunesse n’a plus d’espoir et nos gouvernements dépensent des milliards à bombarder des pays et des peuples étrangers.

Arrêtons de nous mêler des affaires du monde. Nous ne sommes ni des exemples à suivre ni des justiciers.

Il est temps d’ouvrir les yeux : à force de semer la haine, le racisme et la mort, nous, nous récoltons le terrorisme et la peur.

Et ces politiciens irresponsables qui nous conduisent vers l’abîme, ces pompiers pyromanes, profitent du terrorisme pour nous infliger l’état d’urgence, réduire nos libertés et nous dresser les uns contre les autres au risque de provoquer une guerre civile dans notre propre pays.

Ces politiciens qui nous gouvernent ne méritent pas notre confiance car ils nous ont tous trahis. Il n’y en a pas un pour sauver l’autre.

Malgré la peine immense, la légitime colère et la tristesse que nous éprouvons tous, nous devons rester lucides et unis.

Ne nous trompons pas d’ennemis et ne faisons pas payer à nos compatriotes musulmans, les conséquences de la folie guerrière de nos gouvernements. Nous sommes gouvernés par des pompiers pyromanes qui sont les vrais responsables de ce que nous sommes en train de vivre.

Ne nous laissons pas égarer par l’émotion et laissons plutôt place à la lucidité et la RAISON.

Ces politiciens ne sont pas qualifiés pour garantir notre sécurité car leur politique de guerre ne fera que favoriser encore plus le terrorisme.

Eric Cantona

II

 

Accueil » Actualités » France: dix ans de politique du bâton au Proche-Orient

France: dix ans de politique du bâton au Proche-Orient

publié dans 20 novembre 2015 par JR dans Actualités, Histoire, Impérialisme, Moyen Orient // 1 Commentaire

15 Nov 2015 – A l’Encontre

Par Christophe Ayad

François Hollande a donné, lundi 16 novembre 2015, devant les parlementaires solennellement réunis en Congrès à Versailles, une nouvelle inflexion à la désormais incompréhensible politique arabe de la France. Après avoir fait, pendant trois ans, du départ du président syrien Bachar Al-Assad l’alpha et l’oméga de l’action de la France en Syrie et au Proche-Orient, il l’a abandonné au profit de la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI), érigée au rang de priorité absolue.

Ce virage était ardemment espéré par certains, de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par le PS et Les Républicains, que ce soit par nostalgie de l’ère des «hommes forts» mise à bas par les révolutions de 2011, par attachement à un régime prétendument laïque, par anti-américanisme ou au nom de la défense des minorités chrétiennes. De toute façon, il était déjà contenu dans la décision, lourde de conséquences, d’intervenir militairement en Syrie contre l’EI, depuis septembre 2015, un an après l’engagement français en Irak aux côtés des Etats-Unis.

Néoconservatisme à la française

L’inflexion annoncée lundi 16 novembre, qui se traduit par un rapprochement accéléré avec la Russie, ne change rien à une tendance de fond de la politique française au Proche-Orient: un interventionnisme militarisé toujours croissant, qui peut parfois confiner à un néoconservatisme à la française. Si François Hollande est celui qui est allé le plus loin en la matière en se lançant dans plusieurs conflits simultanés et en faisant sienne la rhétorique bushienne de la «guerre contre le terrorisme» dès 2013, il n’est pas l’inventeur de cette politique qu’il n’a fait que renforcer.

Paradoxalement, c’est Jacques Chirac – qui s’est longtemps présenté comme le dernier héritier de la traditionnelle «politique arabe» de la France tracée par le général de Gaulle – qui, le premier, a brisé le tabou. Non pas sur le dossier israélo-palestinien, sur lequel il s’est toujours démarqué de l’alignement américain sur Israël – parfois de manière spectaculaire comme lors de sa mémorable visite à Jérusalem en 1996 [durant laquelle il s’en prend à la police israélienne qui l’empêche d’échanger avec des Palestiniens] – mais sur la Syrie des Assad. Parrain déçu du jeune Bachar Al-Assad, arrivé au pouvoir en 2000, Jacques Chirac ne lui a pas pardonné d’avoir menacé puis assassiné Rafic Hariri, en 2005, l’ex-premier ministre sunnite du Liban, dont il était l’ami personnel, et l’obligé, ajoutent les mauvaises langues.

L’adoption, quelques mois auparavant, de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU enjoignant aux milices libanaises (entendez le Hezbollah) de désarmer et aux troupes étrangères (donc la Syrie) de quitter le pays du Cèdre, traditionnel terrain d’influence de la France dans la région, marquait un virage à 180° de la diplomatie française. Le but de ce texte, concocté en parfaite coopération avec les Etats-Unis, était de déstabiliser le régime syrien en le forçant à rapatrier les 30’000 soldats qu’il stationnait au Liban. En clair, Jacques Chirac se réconciliait avec les Etats-Unis de George W. Bush, un peu plus d’un an après le retentissant «non» de la France à l’invasion américaine de l’Irak, en ralliant le credo américain du «regime change» dans le monde arabe.

En 2011, un tabou saute

Depuis, la Syrie – un ancien protectorat français turbulent entre 1920 et 1946, faut-il le rappeler – n’a cessé d’empoisonner la diplomatie française. Pour se démarquer de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy invitait en 2008 Bachar Al-Assad au défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées.

Et pour faire oublier cette faute politique et morale, il était l’un des premiers à dénoncer la répression odieuse des manifestants syriens en 2011, dénonçant des «crimes contre l’humanité» et allant jusqu’à appeler au départ de Bachar.

Si Nicolas Sarkozy a pu se convertir avec une telle facilité à la politique du «regime change», c’est qu’elle venait de particulièrement lui réussir avec la Libye de Mouammar Kadhafi. Pour des raisons similaires (il suffit de se souvenir de la désastreuse visite du dictateur libyen à Paris en 2007 – [à qui des Rafales et autre armement devaient être vendus]), le président français avait été le plus ardent promoteur d’une intervention militaire pour empêcher un bain de sang après le soulèvement libyen.

Elle eut lieu, sous l’égide de l’OTAN, et la France y joua un rôle de premier plan, assumant pleinement que le mandat onusien de «protection des civils» se transforme en un changement de régime, avec lynchage à la clé de Mouammar Kadhafi par les rebelles libyens appuyés par les avions de l’Alliance atlantique en octobre 2011. Un nouveau tabou venait de sauter: la participation de la France à une opération militaire sous égide de l’OTAN dans un pays arabe.

Un engrenage sans fin

A leur arrivée au pouvoir en mai 2012, François Hollande et Laurent Fabius ont repris à leur compte la politique de Nicolas Sarkozy et de son dernier ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, sur la Syrie, ne cessant de durcir le ton contre Bachar Al-Assad et faisant le calcul silencieux que la chute du régime syrien, principal allié arabe de Téhéran, serait un coup dur porté à l’Iran, lancé dans une course à l’arme nucléaire pour garantir ses ambitions d’hégémonie régionale, notamment au Liban où le Hezbollah fait prévaloir ses intérêts.

L’occasion manquée du 31 août 2013, lorsque la France a été à quelques heures de bombarder Damas, pour «punir» le régime syrien d’avoir usé de l’arme chimique contre sa population, est devenue un motif majeur de différend avec l’administration Barack Obama, peu encline à intervenir dans une région devenue synonyme de cauchemar depuis le fiasco irakien.

Mais c’est hors du monde arabe qu’il faut aller chercher l’acte fondateur et le ressort majeur de la politique étrangère de M. Hollande, le plus belliciste des présidents de la Ve République. Dès le 12 janvier, aux premières heures de la guerre au Mali, le 12 janvier 2013, il plaçait l’intervention militaire française sous l’égide de la «guerre contre le terrorisme», un vocabulaire abandonné depuis bien longtemps aux Etats-Unis. La mise en place du dispositif Barkhane, couvrant cinq pays du Sahel, était le prolongement naturel de ce choix initial.

Peu après la conquête de Mossoul par l’EI, en juin 2014, la France était le premier pays à rejoindre la coalition américaine en septembre, une décennie après le refus français de s’engager en Irak. Un an plus tard, M. Hollande décidait d’étendre le champ d’action de l’aviation française à la Syrie, dans le but avoué de frapper les camps djihadistes préparant des attentats contre le territoire national. Ce ralliement à une politique d’assassinats ciblés, prisée par Barack Obama et qui est loin d’avoir fait ses preuves en Afghanistan, au Pakistan ou au Yémen, est lourd de menaces et engage la France dans un engrenage sans fin. (Article publié dans Le Monde en ligne en date du 18 novembre 2015)

III

 

ccueil » Actualités » L’origine de l’Etat Islamique et la responsabilité de l’Occident en 5 points

L’origine de l’Etat Islamique et la responsabilité de l’Occident en 5 points

publié dans 20 novembre 2015 par Olivier dans Actualités // 1 Commentaire

Publié le 19 novembre 2015 de Josefina L.Martinez

Qu’est-ce que l’Etat islamique ? Dans quel contexte a-t-il surgi ? Comment se finance-t-il ? Quelle est la responsabilité des Etats-Unis et de l’Europe ? Cet article retrace quelques éléments clés sur la naissance et les caractéristiques du phénomène Daech.

  1. Impossible de comprendre le surgissement de l’État Islamique (EI), ni ce qui se passe actuellement au Moyen Orient, sans revenir sur les conséquences profondes, ni sur la large place des guerres en Irak et en Afghanistan.

L’invasion et la guerre en Irak, entre 2003 et 2011, fut dirigée par les États-Unis en alliance avec le Royaume-Uni, l’État Espagnol ainsi que d’autres pays.

Le principal argument utilisé pour justifier la guerre était que Saddam Hussein construisait des armes de destruction massive, mettant en danger les alliés des États-Unis dans la région ainsi que sa propre sécurité. Différentes enquêtes ont montré que c’était un mensonge complet, et que le gouvernement des États-Unis et du Royaume-Uni ont caché ces informations pour justifier la guerre.

L’invasion de l’Irak faisait partie de la stratégie de « guerre contre le terrorisme » que Bush a déployée, de la main des néoconservateurs Américains avec l’objectif de tenter d’inverser la perte d’hégémonie des États-Unis, en inventant un nouvel ennemi, « l’axe du mal ». Ils se sont nourris de l’idéologie du choc des civilisations développée par le conservateur Samuel Huntington.

  1. Les États-Unis cherchaient à « redessiner la carte du Moyen-Orient » et « moderniser l’Irak » selon le « modèle Nord-Américain », ce qui impliquait la promesse de privatisations et de juteux marchés pour les multinationales grâce au pétrole.

Cependant, la guerre a laissé un pays complètement dévasté, détruisant toutes les infrastructures basiques et les fondements du pouvoir de Saddam Hussein, sans réussir à consolider un nouveau pouvoir stable.

On compte 150000 personnes mortes des conséquences de la guerre (certaines sources multiplient pas trois ce chiffre), mais aussi des millions de déplacés et de réfugiés. A la fin de la guerre, la lutte entre les fractions religieuses rivales s’est intensifiée, encouragée par les États-Unis qui ont appuyé la majorité chiite, opprimée par le régime de Saddam, contre la minorité sunnite qui contrôlait jusqu’ici l’État. La chute du régime de Saddam Hussein a laissé 400000 membres déchus de l’armée, et des fonctionnaires du parti Baas sans travail d’un jour à l’autre. Beaucoup d’entre eux furent enfermés à la prison d’Abu Ghraib où se déroulaient toutes sortes de vexations et de tortures.

Après le retrait des troupes américaines, le gouvernement chiite a brutalement réprimé les sunnites et d’autres secteurs de l’opposition. Dans ce contexte de haine et de ressentiments, une force réactionnaire a surgi et a débouché sur la création d’Al Qaeda en Irak puis de Daesh, qui a pu recruter des ex-membres, voire officiers, de l’armée de Saddam Hussein joints aux islamistes sunnites radicalisés.

Comme l’analysait la journaliste Olga Rodriguez, les prisons irakiennes pendant l’invasion américaine, avec ses tortures et vexations inimaginables ont constitué une « école » pour beaucoup de miliciens de Daesh, motivés par leur haine contre l’Occident.

  1. L’État Islamique d’Irak et du Levant, territoire qu’ils occupent en Syrie et au Liban, plus connu sous le nom de Daesh, s’est consolidé depuis 2013, en conquérant une grande partie du territoire en Irak et en Syrie. En 2014, ils annoncent la création d’un « Califat islamique ».

L’idéologie de Daesh est théocratique et totalement réactionnaire, n’acceptant aucune déviation de ce qu’ils considèrent comme le respect des écrits de l’Islam. Ils partagent la méthode des châtiments, des décapitations et lapidations avec l’Arabie Saoudite, où tous ceux qui remettent en cause les valeurs traditionnelles, boire de l’alcool ou conduire une voiture pour les femmes, par exemple sont punis par l’enfermement en prison ou par des décapitations. Daesh a lui-même réalisé des lapidations de femmes accusées d’adultères.

Daesh proclame une « guerre contre l’Occident » et une « guerre contre les infidèles », ces musulmans qui selon eux sont « déviants » des lois de l’Islam.

Le récent attentat dans le quartier populaire de Beyrouth, revendiqué par Daesh, montre que ses attentats et ses méthodes réactionnaires sont utilisés (dans la majorité des cas) contre la population arabe et musulmane, mais aussi contre les Kurdes et tous les secteurs de la population en Syrie et en Irak.

Daesh est une force contre-révolutionnaire et bourgeoise, avec une idéologie intégriste et des méthodes aberrantes contre les populations qu’il contrôle. Ce n’est pas une organisation, comme le Hamas en Palestine ou d’autres, qui en même temps d’avoir une idéologie théocratique, expriment à leur manière des mouvements de libération nationale.

Sa principale source de financement se trouve parmi les représentants les plus puissants des bourgeoisies pétrolières d’Arabie Saoudite et du Qatar, avec la complicité des gouvernements de ces pays. Il se base aussi sur le contrôle du territoire, des saisies, vols et spécialement de l’usufruit des raffineries de pétrole, que le marché noir capitalise.

Selon certains analystes, Daesh compte plus de 20000 combattants étrangers, dont 3500 viendraient des pays occidentaux, 1200 français, 600 britanniques, belges et d’autres pays. La précarité, l’islamophobie et la répression que subissent une grande partie des musulmans des pays Européens, sème la haine dont se nourri cette organisation, et s’ajoute à cela les interventions et bombardements des pays comme la France et les États-Unis.

  1. La guerre en Syrie, qui a provoqué plus de 250000 morts en 4 ans, est l’autre terrain où Daesh a pu se renforcer.

Les intérêts locaux, régionaux et les puissances impérialistes qui s’imbriquent dans le conflit, abondent un terrain favorable pour l’avancement de l’État Islamique.

L’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie appuient directement ou laissent faire les milices djihadistes qui combattent contre Al-Assad, comme Al Nosra en Syrie et Daesh. L’affrontement de l’Arabie Saoudite avec l’Iran est une coordonnée clé du conflit, qui a favorisé l’expansion de l’État Islamique, une force qui affronte les chiites iraniens. Dans le cas de la Turquie, l’offensive de Daesh contre les Kurdes, est aussi un élément crucial.

Un document de l’intelligence militaire américaine qui a filtré montrait que les États-Unis avaient connaissance que se préparait la création d’un « califat » sunnite en Syrie, mais considéraient qu’il pourrait servir à éviter le renforcement d’Assad (soutenu par la Russie et l’Iran).

De l’autre côté, les bombardements de la coalition dirigée par les États-Unis et les pays Arabes n’ont pas servi à vaincre Daesh, personne n’étant disposé pour le moment à s’embarquer dans une opération terrestre massive. Il était très couteux de répéter le désastre produit en Irak.

  1. L’échec des « printemps arabes » est une autre clé d’explication du cours contre-révolutionnaire qu’a pris la situation au Moyen-Orient, avec le renforcement des forces réactionnaires comme Daesh, la guerre en Syrie, la nouvelle offensive de l’État d’Israël contre le peuple palestinien ainsi que le tournant répressif et bonapartiste d’Erdogan en Turquie contre les Kurdes et la gauche radicale.

L’actuel tournant guerrier de Hollande en France, l’intensification des bombardements en Syrie et l’augmentation des tendances xénophobes et islamophobes en Europe, n’ont que vocation à renforcer ce tournant réactionnaire.

Traduction : Elise Duvel

 

 

 

IV

 

Accueil » Moyen Orient » Le Moyen-Orient ou la géopolitique du chaos (partie I)

Le Moyen-Orient ou la géopolitique du chaos (partie I)

publié dans 30 juin 2015 par JR dans Moyen Orient // 1 Commentaire

Publié le 22 juin 2015- Claudia Cinatti – Révolution Permanente

La photographie actuelle du Proche et Moyen-Orient est un vaste chaos. Le phénomène à l’œuvre le plus dynamique semble être la dissolution d’un ordre régional, soutenu pendant des décennies par les Etats-Unis, sans qu’on ne puisse entrevoir, pour l’heure, par quelle nouvelle donne cet ordre ancien sera remplacé. Nous publions, ici, l’analyse de Claudia Cinatti, publiée dans le dernier numéro de Ideas de Izquierda

L’Egypte est sous la coupe de la dictature plébiscitaire du Maréchal al-Sissi qui, en un peu moins d’un an et demi, a condamné à mort un millier d’opposants. La Syrie, l’Irak et la Libye sont secoués par de sanglantes guerres civiles, et se trouvent au bord de la fragmentation. De nouvelles entités proto-étatiques ont fait leur apparition, à l’instar du califat de l’Etat Islamique. Bien que les frontières de Daech, selon l’acronyme arabe, soient mobiles, le califat englobe un territoire grand comme la Grande-Bretagne. Cette organisation, qui a surgi des entrailles d’Al Qaida, menace non seulement de remettre en cause les frontières nationales, mais également les tendances politiques qui travaillent le monde musulman, sans même parler de sa propension à encourager une certaine radicalisation au sein de la jeunesse des communautés musulmanes dans le monde occidental.

Ce qui est en question, en effet, c’est le tracé des Etats-nations tels qu’ils ont été définis par la France et la Grande-Bretagne au cours des accords Sykes-Picot de 1916. C’est sur cette base que Paris et Londres se sont réparties les dépouilles de l’Empire ottoman. La possibilité que ces Etats, qui jouent un rôle considérable dans le maintien des équilibres régionaux ou qui possèdent de grandes réserves en hydrocarbures, se transforment en des « Etats-faillis » (« failed states », pour reprendre le terme anglo-saxon) serait un véritable cauchemar pour les impérialistes. En atteste le rôle joué par la Libye vis-à-vis de la crise migratoire que connaît l’Union Européenne.

Pour la troisième fois en moins d’un quart de siècle, les Etats-Unis sont en guerre en Irak. L’opération militaire, qui va entrer dans son dixième mois et qui coûte au budget du pays 8,6 millions de dollars par jour, selon le pentagone, a pour objectif de « combattre et, à terme, de détruire l’Etat Islamique », selon Barack Obama. Les seules victoires qui peuvent être revendiquées par Washington sont les batailles de Kobanê, gagnées grâce à d’importants sacrifices de la résistance kurde, appuyée par l’aviation nord-américaine, et de Tikrit, ville récupérée grâce à la collaboration iranienne. Néanmoins, au cours du mois de mai, Daech s’est emparé de Ramadi, au cœur de l’Irak sunnite, ainsi que de la cité millénaire de Palmyre, en Syrie, ce qui montre sa capacité à opérer sur plusieurs fronts en parallèle .

L’administration démocrate souhaite limiter l’engagement américain à des bombardements aériens et laisser les forces armées locales combattre sur le terrain contre Daech. Néanmoins, on ne peut exclure une implication croissante qui oblige Washington à dépasser ses objectifs initiaux. Cela pourrait conduire à un « mission creeping », terme utilisé pour la première fois par les gradés étasuniens au cours de la guerre du Vietnam.

Le « Game of Thrones » entre puissances

Si une combinaison de facteurs explique ce désordre géopolitique, il faut souligner le poids spécifique de l’un d’entre eux, en particulier, à savoir le changement dans la politique étasunienne en direction de l’Iran. Cette transformation est sous-tendue par des raisons pragmatiques, pour l’impérialisme, ainsi que par les ouvertures pratiquées par le régime de Téhéran depuis l’arrivée au pouvoir de Hassan Rouhani, lié à l’aile la plus réformatrice de la théocratie iranienne.

Basé sur un système d’alliances tissées avec le régime de Bashar al-Assad en Syrie, le Hezbollah libanais, le Hamas à Gaza et l’Irak, le régime iranien est devenu une pièce indispensable à la sécurité même des Etats-Unis. Washington a besoin de Téhéran, non seulement en Irak mais également pour trouver une issue stable à l’occupation de l’Afghanistan.

Obama a été l’artisan principal de la signature des accords pour surveiller le programme nucléaire iranien, accords appuyés par les grandes puissances occidentales ainsi que la Russie et la Chine. Le texte représente un changement radical aux conséquences régionales importantes. Le rétablissement, tendanciel, des relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, suspendues depuis la révolution de 1979, taraude, dans les faits, les alliances régionales traditionnelles des Etats-Unis. Israël tout autant que l’Arabie Saoudite ont fortement critiqué les accords et sont en train d’opérer, à leur tour, un important virage dans leur politique étrangère respective pour répondre à cette nouvelle donne. Certains analystes, aujourd’hui, n’hésitent pas à parler d’une « Guerre froide » prolongée entre Ryad et Téhéran, les deux rivaux traditionnels qui se partagent le leadership de l’Islam sunnite et chiite, symbolisée par le conflit en cours au Yémen.

La situation que connaissent l’Irak, la Syrie ou encore la Libye ne s’explique pas uniquement par les contradictions structurelles qui ont présidé à la constitution de ces Etats. Elle est également due au fait que ces pays sont devenus des champs de bataille par procuration où les puissances régionales règlent par factions interposées leurs différends. C’est ainsi que l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar ont soutenu, avec l’aval plus ou moins explicite de Washington, foultitude de groupes « rebelles » et des milices armées en Libye ou en Syrie, qui leur ont servi à combattre ou à affaiblir leurs ennemis. Parallèlement, cependant, cela a eu comme résultat une situation de plus en plus instable d’alliances mouvantes et, parfois, contradictoires.

On songera par exemple au double discours (et à la dualité) de ces Etats, comme l’Arabie Saoudite et la Turquie, à l’égard de Daech. Il s’agit, pour Ryad et Ankara, d’un ennemi stratégique qui, d’un point de vue tactique, peut être instrumentalisé pour affaiblir leurs ennemis traditionnels, à commencer par la Syrie ou l’Iran.

Parallèlement, les Etats-Unis trouve dans l’Iran un allié fondamental de par le contrôle exercé par le régime des Mollahs sur les milices chiites en Irak, dont le rôle est central pour freiner l’avancée des troupes du califat. Néanmoins, Washington est opposé à Téhéran au Yémen, puisque l’administration Obama appuie la coalition sunnite conduite par l’Arabie saoudite contre les milices houties, alliées de l’Iran. On pourrait, ainsi, multiplier les exemples.

Juin 2015.

 

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