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09/01/2018

CONGO-KINSHASA:ON NE FAIT PAS UN COUP D’ETAT AVEC DES CRUCIFIX ET BIBLES

VERBATIM;

"Qu’est-ce qui fait vraiment courir les hommes politiques au Congo-Kinshasa ? Le peuple ou le pouvoir ? Ca devrait en être les deux : le peuple et le pouvoir. Le pouvoir au service du peuple et non l’inverse. L’inversion de cet ordre entraîne la perversion et l’anarchie."


NON JOURNALEUX : ON NE FAIT PAS UN COUP D’ETAT AVEC DES CRUCIFIX ET BIBLES

Ce qui fait nourrir une démocratie c’est l’alternance. Peu importe les conditions sociales ou économiques, l’alternance reste toujours une réelle priorité. Il en va de la stabilité de l’Etat, du pouvoir et de toutes les institutions.

Qu’est-ce qui fait vraiment courir les hommes politiques au Congo-Kinshasa ? Le peuple ou le pouvoir ? Ca devrait en être les deux : le peuple et le pouvoir. Le pouvoir au service du peuple et non l’inverse. L’inversion de cet ordre entraîne la perversion et l’anarchie.

C’est ce qu’a voulu, me semble-t-il, essayé d’empêcher le très estimé Cardinal Monsengwo. Tout de même il y a une différence importante à faire entre Coordination catholique et Archevêché de Kinshasa. Monsengwo n’est pas coordinateur catholique qui a organisé et appelé à la marche du 31/12/17. Il y a lieu de faire la part et de cesser tout amalgame. Je connais très bien l’illustre Cardinal, son intelligence, sa lucidité, son honnêteté, mais également sa combativité, au point qu’il se soit mis dans un tel risque. Je ne le crois pas. Et le chef de l’Etat lui-même encore moins. Malheureusement certains observateurs, les journaleux surtout, s’y investissent toutes dents dehors et devant pour tirer les dividendes, c’est la manne financière qui les intéresse. C’est le pouvoir qui les fait courir, et non jamais le peuple. Et ils ont farouchement tort, parce que de tout temps et de tout lieu le peuple ne se trompe jamais.

Même si à titre personnel, j’ai récusé la démarche de la CNECO et ses velléités d’accords qui légitimaient indéfiniment et indistinctement tous les acteurs dont la majorité était déjà hors mandat. Par après, on m’expliquera que c’était pour éviter des morts. Mais sans que la CNECO s'en rende compte qu'elle créait un nouveau paysage dans le pays plein d’animosités et de rancunes entre plusieurs acteurs signataires, qui n'attendaient  qu'une moindre étincelle pour se régler les comptes. Or, malgré ses précautions, il s'avère que la CNECO n'a pu empêcher ni les tueries du Kasaï ni celles des « bandits » (ainsi épinglés par le pouvoir en place) de Kinshasa abattus le 31 décembre. Conséquence, les morts évités, au nom du seul principe de précaution-, ce qui ne doit nullement être pris pour un reproche, mais plutôt pour un intime constat-, par les accords de la CNECO ne se sont jamais estompés, mais que du contraire.

Prions, enfin, pour que les élections aient effectivement lieu, tôt ou tard, mais qu’elles aient lieu afin qu’autour des nouveaux dirigeants élus, l’unité du pays soit regagnée.

 

A-D. OSONGO-LUKADI

Habilité de philosophie

Professeur des universités

Membre des Sociétés Savantes aux USA&Canada

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