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18/06/2010

AFRIQUE EN QUESTION : LE COURAGE QUI NOUS MANQUE SELON JEAN-CLAUDE DJEREKE

Deux textes de réflexion pour le cinquantenaire des « indépendances africaines »‏
De : Benoit B. KUNGUA (benkung01@yahoo.fr)
Envoyé : vendredi 18 juin 2010 15:12:26
À : augustin ramazani (augustin.ramazani@yahoo.fr); Jean Marie Vianney (jm_vianney@hotmail.com); Thomas Binye (thobinye@hotmail.com); Sandra Kenny (sandrakenny@hotmail.com); Ngoy Kashimoto (kashimoto@rogers.com); Muhoka Lukunda (muhoka_inc@yahoo.ca); Philomène Makolo (pmakolo@hotmail.com); Francine Forget (fforget66@hotmail.com); Judith Houedjissin (houedidi@hotmail.com); desire danga (dangadidier@yahoo.ca); Mebometa Guy Ndongo (mebometaguy@yahoo.ca); Félix-Marie Affa'a (fmaff@videotron.ca); Kalifa Goita (kalifa@iottawa.com); Levit Koloko (kolokoll@yahoo.com); rouguiatou sow (rouguya159@yahoo.fr); Anne Germaine Marie NDIONE (nanoushfr@yahoo.fr)
Cc : Jean Claude Djereke (jcdjereke@yahoo.fr); Dover Osongo (adolosongo@hotmail.com); francismbog@yahoo.fr

 Chers collègues du Cerclecad,


Je vous fais suivre (ci-dessous) deux textes (Le courage qui nous manque et À quoi devons-nous résister aujourd'hui) écrits par notre ami et collègue Jean Claude Djereke, théologien et écrivain ivoirien, penseur de la libération intégrale de l'Afrique et d'une éthique de la responsabilité des Africains, en cette période de la célébration de 50 ans des « soi-disant » indépendances politiques. J'ai retrouvé dans ces textes audacieux et prophétiques une grande vision sur les « ruptures » que nous devons opérer individuellement et collectivement, pour faire advenir dans les faits une « Autre Afrique »,  digne, libre et responsable. Merci à Jean Claude de m'avoir envoyé ces textes stimulants en cette période, où, plus que jamais, la réflexion doit primer sur les réjouissances tropicales, mobutistes et clientélistes. Bonne lecture et à bientôt.


Benoît Awazi Mbambi Kungua.



Le courage qui nous manque

Ceux qui ont commencé à réfléchir sur le cinquantenaire de nos semblants d’indépendances disent ouvertement que les pays francophones ont plus reculé qu’avancé. C’est le cas de Samir Amin qui n’hésite pas à parler de « décennies perdues ». Jugement excessif ? De mon point de vue, l’économiste égyptien n’a pas tort car, à scruter froidement et objectivement cette « indépendance des drapeaux et de l’hymne national » (l’expression est de l’universitaire sénégalais Macktar Diouf), on constate qu’il y a eu plus de coups d’Etat en Afrique francophone que dans les autres parties du continent, que nos frères anglophones s’en sortent beaucoup mieux que nous en termes d’accès à l’éducation, à la santé et à l’eau potable, d’alternance au pouvoir sans effusion de sang, d’organisation d’élections équitables, justes et transparentes, de respect des droits de l’homme, que l’Angleterre ne s’immisce pas, de manière intempestive et indécente, dans les affaires internes de ses ex-colonies, qui ont leur propre monnaie sans que cela entrave leur développement.

Au lieu de nous battre pour avoir notre propre monnaie, nous, anciens pays de l’Afrique occidentale française (AOF) et de l’Afrique équatoriale française (AEF), défendons bec et ongles une monnaie avilissante et appauvrissante. Nous continuons à croire aux paroles mielleuses d’un pays qui a attendu que les anciens combattants africains décèdent pour voter une loi leur permettant de percevoir la même pension que leurs collègues de l’Hexagone ; nous persistons à faire confiance à des gens qui ne nous épargnent pas toutes sortes d’humiliations avant de nous autoriser à fouler leur sol. Nous trouvons normal, malgré le regard condescendant et méprisant jeté sur nous, de participer joyeusement et bruyamment aux sommets franco-africains alors que nous savons que les promesses qui y seront faites par les dirigeants français ne seront jamais tenues. Le 24 mai 2006, au Bénin où il était en campagne, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas effectivement promis de débarrasser la relation entre la France et ses anciennes colonies « des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que celui qu'ils s'inventent, des circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé », de « tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés » ? N’avait-il pas souhaité, à cette occasion, que la France quitte enfin la posture de donneuse de leçons ? Bref, Sarkozy n’avait-il pas plaidé pour une rupture ? Cette rupture, les Africains l’attendent encore et toujours comme Vladimir et Estragon attendaient Godot dans la pièce de théâtre de Samuel Beckett. Comment pouvons-nous continuer à nous accrocher à un pays que la juge franco-norvégienne Eva Joly accuse d’avoir « accaparé les ressources minières du Gabon avec la complicité d’un président enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets » et d’être derrière les guerres civiles et les dictatures qui ont détruit et endeuillé l’Angola, le Congo-Brazzaville, le Nigeria, etc. (voir son livre-témoignage « La force qui nous manque », Paris, Les Arènes, 2007, pp. 115 et 116) ?

De deux choses l’une : ou bien nous, Africains francophones, sommes d’incorrigibles masochistes ou bien il nous manque ce que le théologien protestant allemand Paul Tillich (il fut chassé de l’Université pour avoir pris la défense d'étudiants juifs molestés par les Nazis) appelle « le courage d’être », c’est-à-dire le courage de déplaire, le courage d’être désagréable, le courage de choquer, le courage d’aborder les sujets qui fâchent comme le président ivoirien l’a fait le 30 mai dernier au cours de l’émission « Le débat africain ». Face à Madeleine Mukamabano  et Norbert Navarro, envoyé spécial permanent de Radio France Internationale (RFI) à Abidjan, Laurent Gbagbo disait en effet : « Il n’y a pas de raison pour que j’aille en France tant qu’on n’aura pas discuté du différend qui continue d’opposer l’Etat français à l’Etat de Côte d’Ivoire… La tentative, par un pays, de renverser un Chef d’Etat légalement élu, légitime, légitimé par une élection démocratique et populaire. Tant qu’on envisage les relations ainsi, entre deux Etats, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec cette manière de voir les relations entre deux Etats… » Lui emboîtant le pas, le président rwandais faisait savoir, en marge du 25è sommet France-Afrique de Nice, que l’Afrique n’a plus besoin de maîtres mais de partenaires.

« On peut renoncer au patrimoine, on peut renoncer à l’héritage, certes. Mais a-t-on le droit de renoncer à la lutte ? », se demandait le Martiniquais Aimé Césaire (« Discours sur le colonialisme », Paris, Présence africaine, 2004, p. 90). La renaissance et la vraie indépendance africaines que beaucoup appellent de leurs vœux n’arriveront pas sur un plateau. C’est en luttant, pied à pied à la fois contre nos propres démons (tribalisme, corruption, non-respect du bien commun, indiscipline, paresse, etc.) et les Pharaons étrangers qui n’ont d’estime que pour l’Africain béni-oui-oui, que nous pourrons donner un autre visage de et à l’Afrique. C’est pourquoi nous ne pouvons pas continuer à vivre dans la lâcheté et la peur, à murmurer contre ceux qui, en 50 ans ne nous ont rien apporté, à être incohérents (le soir, nous critiquons la France ;  le lendemain, nous accourons sans vergogne à ses convocations). Le temps est venu de rompre avec nos inconséquences.

Jean-Claude DJEREKE

 


A quoi devons-nous résister aujourd’hui ?


Pour Agnès Antoine, l’homme providentiel est « un homme que son histoire personnelle a conduit avant d’autres à percevoir et comprendre les enjeux profonds et encore inexprimés de l’histoire générale. Et qui, à un moment donné, sans qu’il ait forcément souhaité et préparé ce destin, est amené, sous l’effet d’une menace pesant sur le groupe humain qui lui est proche et d’événements déclencheurs, à intervenir dans un sens libérateur et, ainsi, à donner forme et expression à l’Histoire en l’incarnant ». La philosophe française poursuit : « L’homme providentiel ne se confond pas tout à fait avec le grand homme, le héros ou encore le sauveur. Mais il en partage les grandes caractéristiques par sa capacité à aider ses contemporains à dépasser une période critique, à ‘‘tuer’’ symboliquement les pères qui, par conservatisme ou abus de pouvoir, confisquaient la puissance d’être et de devenir du groupe. Il arrive au bon moment, il a une dimension morale incontestable, qui constitue sa force principale : il fait autorité. » (A. Antoine, « On ne se décrète pas providentiel, on le devient », La Croix du 20 avril 2007, p 13). Pour avoir appelé, il y a 70 ans, les Français à résister à l’occupation de leur pays par l’Allemagne nazie, le général de Gaulle fait incontestablement partie de ces hommes providentiels que l’Histoire n’oubliera pas de sitôt.

La célébration de cet anniversaire a-t-elle un sens pour les Africains ? Si oui, pourquoi ? Nous souvenir de l’appel que le futur fondateur de la Vè République lança sur les ondes de la BBC, c’est, premièrement, nous souvenir en même temps de nos propres résistants : Sékou Touré qui « préférait la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage », Harris Memel Fotê, Joseph Ki Zerbo, David Diop et d’autres Africains qui acceptèrent de remplacer les coopérants français partis de la Guinée après que ce pays eut voté pour l’indépendance en 1958, Thomas Sankara qui voulait que les Africains comptent sur eux-mêmes, produisent ce qu’ils consomment et consomment ce qu’ils produisent. Une quête qui lui attira les foudres de Mitterrand « alors que l’ancien président français ne dédaigna pas d’être assis près de Mobutu, dictateur criminel s’il en fut sur le parvis des droits de l’homme à Paris, lors du bicentenaire de la Révolution de 1789 » (Anne-Cécile Robert, L’Afrique au secours de l’Occident, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 2004, p. 133).

Commémorer le 18 juin 1940, c’est ensuite retrouver l’importance de l’engagement qui, au dire de Lionel Jospin, « consiste, sans entrer toujours dans un parti, à prendre parti ».  L’ancien Premier ministre français ajoute : « Nombreux ont été dans ce siècle qui s’achève les événements qui ont entraîné des hommes à prendre parti. L’affaire Dreyfus, la Grande Guerre, la Révolution d’octobre, la guerre d’Espagne, le fascisme et son refus, la découverte de l’Holocauste, la décolonisation ont chacun suscité la passion, la réflexion et l’action : l’engagement de générations entières de militants et d’intellectuels. S’engager, c’est donc choisir la responsabilité, c’est-à-dire quitter l’état de spectateur pour rejoindre celui d’acteur. Il y a dans ce choix une alchimie intime où se mêlent un regard sur le monde tel qu’il est, la réflexion personnelle sur ce qu’il devrait être, la décision d’agir pour qu’il change. » (Discours prononcé, le 2 février 2000, à l’université catholique de Louvain pour la réception du titre de docteur honoris causa)

A quoi devons-nous résister aujourd’hui pour que les choses bougent et changent en Afrique ? D’abord à la Françafrique dont le général de Gaulle est un des pères fondateurs  et que François-Xavier Verschave (1945-2005) décrit comme « un système mis en place pour continuer à opprimer les pays africains qui venaient d'accéder à leur indépendance vis-à-vis de la France [et] constitué par des réseaux qui ont été développés et entretenus pour continuer comme avant ». Nous devons y résister de toutes nos forces parce que la Françafrique est « la suite de la colonisation qui se poursuit sous d'autres modes et qui était quand même bel et bien le système d'appropriation des richesses de l’Afrique par des étrangers », parce que, « dans la Françafrique, il y a eu un processus de sélection des chefs d’État : par la guerre comme au Cameroun, par l’élimination comme au Togo ou en Centrafrique, ou encore par la fraude électorale » (F.-X. Verschave, La Françafrique. Le plus long scandale de la République, Paris, Stock, 1999). Nous devons ensuite résister au pillage de nos ressources naturelles sur lesquelles la France a fait main basse avec la complicité de certains présidents africains dociles et corrompus. Parlant de l’uranium nigérien pillé par Areva ou de l’or de Sadiola (Mali), « deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol », la Franco-norvégienne Eva Joly écrit : « Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. » (La force qui nous manque, Paris, Les Arènes, 2007, p. 149)

Nous devons aussi nous rebeller contre la pensée unique présente dans la plupart de nos partis politiques où certains confondent respect et adoration du chef. Il est urgent et nécessaire de le faire car, si « une société doit poser ou admettre des références et des représentations comme un vis-à-vis d’elle-même, tel un autre qui n’est pas hors d’elle, pour avoir le moyen d’exister, d’agir et de créer autre chose, ces autorités n’ont de sens que par rapport à ce qu’elles ont pour but de permettre, elles ont à ouvrir un processus qui appelle, comme nécessaire, autre chose que leur particularité propre… . Par là, une société s’organise selon le double mouvement qui renvoie chaque autorité à d’autres, et qui réfère toutes les autorités au contrôle de l’ensemble social » (Michel de Certeau, La faiblesse de croire, Paris, Seuil, 1987, p. 133).

Nous devons résister enfin à l’afro-pessimisme ambiant, aux Cassandre d’ici et d’ailleurs, bref à tous ceux qui veulent nous faire croire que l’Afrique ne s’en sortira jamais, qu’elle va mourir bientôt. Certes, elle est mal en point ; certes, elle est malade et « malade d’elle-même » (Tidiane Diakité) en partie mais, à voir certaines initiatives prises ici et là (création d’Asky Airlines, la nouvelle compagnie aérienne ouest-africaine, l’organisation de la dernière coupe du monde de football en Afrique du Sud, etc.), il n’y a pas lieu de désespérer d’elle.

jcdjereke@yahoo.fr

18:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

10/06/2010

LE SOLEIL EN EBULITION QUE VONT DEVENIR NOS ENFANTS?

 

Éruptions solaires : de fortes perturbations à craindre sur Terre ? Découvrez les images

Le Soleil deviendra bientôt beaucoup plus actif qu'il ne l'est aujourd'hui. On devrait ainsi pouvoir observer de nombreuses éruptions solaires qui, bien que très esthétiques, pourraient se révéler dangereuses pour l'activité humaine.Lire la suite l'article

Cette hausse d'activité pourrait en effet avoir d'importantes conséquences sur les satellites orbitant autour de la Terre, et des experts se sont déjà réunis mardi dernier afin de trouver des solutions pour protéger ces équipements.

Le Soleil est l'une des étoiles de la Voie Lactée. Il connaît des périodes de repos durant lesquelles son activité est réduite (onze ans en général). Une période d'activité se différencie d'une période de repos par la présence de taches sombres à la surface de l'astre : tous les onze ans en moyenne, il n'y a alors plus vraiment d'éruptions ni de projections de matière.

Durant les périodes de forte activité, comme celle que le Soleil connaîtra bientôt, des éruptions solaires ont lieu. On peut alors observer de gigantesques panaches à la surface du Soleil, lesquels dégagent des particules qui peuvent endommager les équipements électroniques de la Terre, notamment les GPS, les appareils aériens et les radiocommunications.

Une importante éruption solaire pourrait provoquer une perte économique vingt fois supérieure à celle causée par l'ouragan Katrina, selon l'Académie américaine des sciences. C'est pourquoi la capacité à prévoir ces éruptions est devenue capitale. Il faut notamment, avant leur survenue, mettre les satellites en mode sécurisé et protéger les équipements électroniques d'éventuelles surcharges.

La Nasa et la NOAA (National oceanic and atmospheric administration) ont ensemble mis en place plusieurs satellites capable de surveiller le Soleil et de prévoir ses changements d'activité. L'engin spatial Stereo (Solar terrestrial relations observatory) est même capable d'observer 90% de la surface du Soleil.

Pour découvrir les images du Soleil : 
Découvrez les photos sur Maxiscience

 

17:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/06/2010

CONGO/KINSHASA : QUAND COMPRENDRONT LES MUSICIENS CONGOLAIS QUE SE PRODUIRE EN EUROPE N'A RIEN A VOIR ?

Ferre Gola à Kinshasa la queue entre les pattes

kinshasa, 08/06/2010 / Musique
Buvant le calice de la désillusion et du désarroi jusqu’à la lie, l’ancien de Wenge MMM, des Marquis de Maison Mère et du Quartier Latin, a regagné le pays avec un groupe amputé de plus de trois quarts de ses membres qui l’ont fui à Paris.

Après son concert du 15 mai dernier au Zénith de Paris annoncé à grand renfort de publicité mais, qui a finalement été un cuisant échec, le chanteur Ferre Gola a regagné Kinshasa, mardi dernier, la queue entre les pattes.

Buvant le calice de la désillusion et du désarroi jusqu’à la lie, l’ancien de Wenge MMM, des Marquis de Maison Mère et du Quartier Latin International, a regagné le pays avec un groupe amputé de plus de trois quarts de ses membres qui l’ont fui à Paris.

On note au passage la défection du guitariste Giscard Basse, du claviériste Michel, du chanteur 2ème voix Patou, du chanteur Jus d’Orange, de l’animateur Ngouanzou et d’un danseur originaire du Congo­-Brazzaville.

Les quatre danseuses qui s’étaient elles aussi envolées dans la capitale française, n’ont pas eu de chance. Elles ont été rattrapées par la police avant d’être refoulées vers Kinshasa.

De sources proches des fugitifs, ii ressort que leur patron ne les avait pas bien rétribués. Le paiement, du reste, ne s’est effectué qu’à bord de l’avion qui ramenait certains de leurs collègues au pays.

Le Zénith et puis, plus rien

Il est de tradition pour les orchestres congolais se produisant dans les salles mythiques en Europe qu’une tournée des capitales européennes s’ensuive. - Il n’en a pas été le cas avec Ferre Gola.

Explication les organisateurs du concert de « Chair de Poule » au Zénith de Paris ne sont pas rentrés dans leurs frais. Pas question, dans ces conditions, d’exécuter la suite du programme avec la tournée dans les capitales européennes.

Toute honte bue, Ferre Gola n’a eu d’autre choix que de rentrer au pays. Pour raser les murs à Kinshasa et s’enfermer au studio Ndiaye.

Prétexte, l’enregistrement d’une œuvre dédiée au Cinquantenaire de la Rdc. Un aveu d’échec et des ravages moraux subis par Shetani à la suite de sa déconvenue sur la scène du Zénith de Paris.

Traitresse inexpérience

Face à la déculottée essuyée par Ferre Gola au Zénith de Paris, il y a lieu de relever l’inexpérience et la naïveté de ce chanteur qui, en fait d’organisateurs de sa méga-production, a eu à faire à de véritables « aventuriers ». A noter qu’à la soirée prétendument réservée à Ferre, le chanteur a buté sur un groupe tunisien qui a occupé la salle jusqu’à 3 heures du matin.

Et n’eut été la « gentillesse » de ces Maghrébins, le concert de « Chair de Poule » n’aurait pu avoir lieu. Comme par pitié, les Tunisiens ont donc laissé une portion congrue du temps à Shetani, qui n’a pu se produire que pendant deux heures au total. Signalons qu’en plein désarroi, Ferre n’avait arrêté d’appeler ses producteurs tout au long de la soirée espérant pouvoir débuter son concert vers minuit.

Une prestation improvisée

C’est un Ferre Gola au moral sous le talon qui est finalement monte sur la scène du Zénith quelques minutes après 3 heures du matin. Dans ce chaos psychologique, le chanteur s’est improvise danseur, sacrifiant ses belles rumbas qui l’ont consacré comme un chanteur de charme.  En vain. Il n’en a pu sauver sa soirée, laquelle s’est déroulée dans une salle à moitié vide. Une vraie débâcle.

Comparaison n’est pas raison...

De l’avis de tous les observateurs avertis, le tort de Ferre Gala est assurément de vouloir être et faire comme Fally Ipupa. En réalité, Dicap « La Merveille » a sur « Shetani » l’avantage d’avoir la tête plus froide, d’être arrimé à un chronogramme et, surtout, d’être très bien encadré.

Pour preuve, Fally a réalisé une véritable percée en Amérique et en Europe dans le domaine du show-biz.

Grace à son manager et à son producteur il est aujourd’hui accepté dans une grande maison de disque en Europe.  Après avoir été reçu aux Grammy Awards à Los Angeles cette année, Fally Ipupa devrait récidiver l’année prochaine. Et l’écart avec « Jésus des Nuances » qui, manifestement dans ces sphères-là, n’a pas encore ses dents de lait, de se creuser.

Les autres torts de Ferre sont assurément, en plus de travailler avec des amateurs dans son bureau, d’être orgueilleux, de vouloir gravir trop vite les échelons. Son narcissisme fait croire au jeune chanteur qu’il est Mozart même revenu à la vie.

Or, avant lui, les Werrason et autres JB Mpiana ont compris l’intérêt qu’ils ont d’être respectueux des aînés et des journalistes. Parce qu’il ne l’a pas compris, Shetani a sûrement encore bien des désillusions qui l’attendent dans sa carrière.

Car, même le Ciel se charge de confondre ceux qui, comme « Jésus des Nuances », ont les yeux plus gros que le ventre. Zénith de Paris a été un Waterloo pour l’auteur de « Qui est derrière toi ? », d’autres Waterloo pourront suivre. Pour conjurer le mauvais sort, Hervé Gola, qui est plein de talent et d’avenir - il faut le reconnaître- , doit se de partir de son narcissisme et comprendre que tout vient à point à qui sait attendre.

K.N/Visa


(TH/BT/PKF)



Last edited: 08/06/2010 16:32:41

15:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)