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23/08/2015

CULTURE ET MONDIALISATION EN VERSION INTEGRALE DE LA CONFERENCE A L'UNIVERSITE SAINT AUGUSTIN DE KINSHASA (SUITE ET FIN)

 

Tertio, enfin, sur la sauvagerie, Hegel estime que l’Africain est un homme à l’état-nature, c’est-à-dire l’homme à l’état brut : « L’homme en Afrique c’est l’homme dans son immédiateté. L’homme en tant qu’homme s’oppose à la nature et c’est ainsi qu’il devient homme. Mais en tant qu’il se distingue seulement de la nature, il n’en est qu’au premier stade, et est dominé par les passions. C’est un homme à l’état brut. Pour tout le temps pendant lequel il nous est donné d’observer l’homme africain, nous le voyons dans l’état de sauvagerie et de barbarie, et aujourd’hui encore il est resté tel. Le nègre représente l’homme naturel dans toute sa barbarie et son absence de discipline. Pour le comprendre, nous devons abandonner toutes les façons de voir européennes. »[1].

 

Sauvage parmi les sauvages, l’état-nature dans lequel se confine l’homme africain, est en quelque sorte un état paradisiaque. Or, « Le « paradeisos », est un parc habité par des animaux, dans lequel l’homme vivait lui aussi dans l’état animal et était innocent, ce que précisément l’homme ne doit pas être. L’homme n’est vraiment homme que lorsqu’il connaît le bien et, par suite, son opposé, que lorsqu’il s’est divisé à l’intérieur de lui-même. Il ne peut en effet connaître le bien que lorsqu’il connaît aussi le mal. C’est pourquoi l’état paradisiaque n’est pas un état parfait. Cet état premier de perfection dont parlent les mythes de tous les peuples signifie que son fondement n’était que la détermination abstraite de l’homme. »[2].

 

Cheikh Anta Diop demeure une référence incontestable contre ce négationnisme abject, sénile, excèsif et inutile. Pour bien comprendre le combat qu’il mena en mains nues contre l’ethnocentrisme de l’homme occidental, il faut se reporter à son ouvrage « Civilisation ou barbarie, anthropologie sans complaisance ». Dans cet ouvrage, Cheikh Anta Diop montre que si l’Afrique est le « berceau de l’humanité », alors les plus anciens phénomènes civilisationnels ont dû nécessairement avoir eu lieu sur ce continent. Il est convaincu que les égyptiens avaient la peau noire ; qu’ils seraient les descendants des nègres. Cette conviction consiste dans ce qu’il a nommé « l’égyptologie afrocentrée », c’est-à-dire étude de la civilisation de l’Egypte ancienne en tant qu’une civilisation négro-africaine …

 

 

Du débat sur le sexe des anges (heureusement le ridicule ne tue pas) aux dénégations afro-noires de Hegel notamment sur l’anhistorisme et l’inculture de l’homme noir, les gens n’ont cesse de déclarer leur ras-le-bol. Ils  en ont marre de continuer à courir derrière une philosophie qui a fait de la bourgeoisie et de l’exclusion, malgré la mondialisation tant clamée et vantée, ses hauts faits d’arme. L’homme africain est tout autant rationnel, historique que l’homme européen ou un autre. Hegel n’avait pas raison de parler ni d’anhistorisme, ni d’inculture, ni d’homme noir comme homme paradisiaque.

 

Même si évoquer l’idée d’une  « philosophie africaine » fut quelque chose qui ne m’a jamais tenté. Parce que j’aurais aimé à la place utiliser l’expression de « philosophie en Afrique », qui me semble l’expression la moins ambiguë. En effet, un peu comme P. Ricoeur qui pensait que les symboles donnent à penser, il m’a également semblé, sans la moindre prétention de m’élever ni au rang ni au niveau philosophique de l’illustre herméneute et philosophe susmentionné, il y a un instant, que les proverbes donnaient, eux aussi, à penser. S’engager comme on l’a vécu, en clair ou en crypté, pour la légitimation de l’expression « philosophie africaine », c’est sous-entendre qu’elle puisse y être opposée à une autre philosophie qui n’est pas elle. Or la comparaison n’est pas un attribut philosophique. Qui ferait office, je dirais, de philosophie comparée. Combien eut-il des débats, mais vains, et stériles à ce sujet : existe-t-il ou n’existe-t-il pas une philosophie africaine ? Or, il aurait été plus facile du côté africain, contesté par Hegel et consorts, de ne parler que de « philosophie en Afrique ». Une philosophie issue des proverbes et d’autres symboles discursifs typiquement afro-noirs. Sans nécessairement sous-entendre, bien entendu, une philosophie typiquement africaine, n’appartenant qu’aux afro-noirs. La philosophie ne saurait être une activité sectaire. Le particularisme ne fait pas partie de la philosophie. Le particularisme est comme l’intégrisme. Il est aussi dangereux que l’extrémisme.

 

 

L’histoire, comme un tout, n’a pas de sens !Oswald Spengler auteur d’un livre magnifique intitulé « Le déclin de l’Occident », note comment les grandes cultures historiques apparaissent comme des êtres vivants, des organismes voués, de même que tout individu biologique, à croître, à mûrir, à décliner et à mourir[3]. Au point de parler, sans complaisance pour un romantisme mélancolique, du « déclin de l’Occident »[4].

 

En effet comme pour toutes les autres cultures, O. Spengler montre que sa propre culture, occidentale en l’occurrence, n’échappera pas à cette loi de la nature, et  suivra inéluctablement la courbe qui exprime, dans les dimensions de l’histoire, cette conception éminemment tragique et virile du monde que Nietzsche résumait dans sa doctrine de l’amor fati de Goethe dans son expression fameuse « Meurs et deviens »[5].        Car, le développement des grandes cultures révèle non pas une continuité mais un parallélisme. L’histoire, comme tout, n’a pas de sens ; chaque culture est fermée sur ses valeurs propres et lors même qu’elle s’imagine récupérer l’héritage (comme l’Occident le fit pour la culture antique au moment de la Renaissance), est encore et toujours son propre sentiment du Destin qui la détermine et qu’elle habille tant bien que mal selon des modes étrangères[6].

 

 

Pour penser serré et non pour conclure, Mahatma Gandhi exhortait les siens que « Dès lors qu’un individu prend conscience que les lois qui régissent sa société sont injustes et arbitraires, il a le devoir de se révolter et de les combattre. ». Le même Gandhi montrait également qu’« Un tribunal a pour emblème la balance, tenue en équilibre par la main d'un personnage féminin impartial et aveugle, mais sagace. Le destin a voulu qu'elle fût aveugle, cette femme, de façon que son jugement portât non sur l'apparence des êtres, mais sur leur valeur intrinsèque. »[7].

 

Enfin, je n’ignore pas que peuples faibles et puissants font tous partie du même bateau qu’est la « mondialisation » transfrontalière, que j’entends comme « communauté internationale »; un bateau où hélas les puissants disposent des faibles comme ils l’entendent.  Pourtant, L'égalité des chances, c'est le droit de ne pas dépendre exclusivement de la chance, ni de la malchance. C'est le droit égal, pour chacun, de faire ses preuves, d'exploiter ses talents, de surmonter, au moins partiellement, ses faiblesses. C'est le droit de réussir, autant qu'on le peut et qu'on le mérite. C'est le droit de ne pas rester prisonnier de son origine, de son milieu, de son statut. C'est l'égalité, mais actuelle, face à l'avenir. C'est le droit d'être libre, en se donnant les moyens de le devenir. C'est comme une justice anticipée, et anticipatrice : c'est protéger l'avenir, autant que faire se peut, contre les injustices du passé, et même du présent. Le philosophe allemand O. Spengler, note « Dans l’histoire, ce sont les souffrances, plus que les réussites, qui modèlent le caractère. »[8]. Aux Afro-noirs de savoir, donc, que rien sur cette des hommes n’est impossible. Rien n’est écrit d’avance, tout est discutable, négociable. Il n’y a pas de destin éternel, figé, parce que tout est effaçable, à défaut modifiable.

 

Enfin, malgré quelques réserves que j’aie pu avoir à l’égard de la mondialisation, globalement parlant, je ne puis que saluer et féliciter ses initiateurs. Le téléphone portable, par exemple, n’est-il pas un phénomène planétaire dont le monde entier peut en être fier ? On peut y être joint même dans les toilettes de l’Université Saint-Augustin, et pas seulement se permettre même de mentir à son interlocuteur qu’on se trouve en pleine réunion de travail oh que que c’est beau la mondialisation technologique, et pas qu’elle, toutes les autres mondialisations politique, économique, sociale, culturelle, et j’en passe ? Dieu a certainement voulu que cette conférence portant sur le rapport entre « Culture et Mondialisation » ait lieu le jour de la fête patronale de l’USAKIN. Saint-Augustin ayant été justement un exemple « parfait » d’une mondialisation culturelle réussie.  En effet, en dépit de sa carrière en Europe, st-Augustin n’a jamais ni oublié ni renié ses origines africaines. Il reste en cela un exemple vivant d’une intégration et symbiose culturelles exemplaires. Une vie d’exemple dont, la main sur le cœur, nous dirions tous ensemble « Nous sommes tous saint-Augustin ».                    

 

 

 

Je vous remercie !

 

 

 

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

 

-Habilité de philosophie

 

-Membre des Sociétés savantes aux USA&Canada

 

-Directeur kilimandjero.blogs.dhnet.be

 

 

 

antoinedoverrihardol@hotmail.fr

 

osongo_lukadi@yahoo.fr

 

Devise : « Meurs et deviens »

 

Ordre : « Ahora siempre »

 

Tél. :00243824333679/00243994606432

 

 

 



[1] Ibidem, p. 251.

[2] Ibidem, p. 252.

[3] Cf.Dictionnaire des idées contemporaines, Paris, éd.universitaires, p.630, 1964.

[4] Cf.Dictionnaire des idées contemporaines, Paris, éd.universitaires, p.630, 1964.

[5] Cf.Dictionnaire des idées contemporaines, Paris, éd.universitaires, pp.630-631, 1964.

[6] Cf.Dictionnaire des idées contemporaines, Paris, éd.universitaires, p.631, 1964.

[7] (Mahatma Gandhi par Gandhi, p. 182).

[8] SPENGLER O., Ecrits historiques et philosophiques. Pensées, Paris, Copernic, 1979, p. 121.

 

 

CULTURE ET MONDIALISATION EN VERSION INTEGRALE DE LA CONFERENCE A L'UNIVERSITE SAINT AUGUSTIN DE KINSHASA

VERBATIM:

 

"Je n’ignore pas que peuples faibles et puissants font tous partie du même bateau qu’est la « mondialisation » transfrontalière, que j’entends comme « communauté internationale »; un bateau où hélas les puissants disposent des faibles comme ils l’entendent.  Pourtant, L'égalité des chances, c'est le droit de ne pas dépendre exclusivement de la chance, ni de la malchance. C'est le droit égal, pour chacun, de faire ses preuves, d'exploiter ses talents, de surmonter, au moins partiellement, ses faiblesses. C'est le droit de réussir, autant qu'on le peut et qu'on le mérite. C'est le droit de ne pas rester prisonnier de son origine, de son milieu, de son statut. C'est l'égalité, mais actuelle, face à l'avenir. C'est le droit d'être libre, en se donnant les moyens de le devenir. C'est comme une justice anticipée, et anticipatrice : c'est protéger l'avenir, autant que faire se peut, contre les injustices du passé, et même du présent. Le philosophe allemand O. Spengler, note « Dans l’histoire, ce sont les souffrances, plus que les réussites, qui modèlent le caractère. ». Aux Afro-noirs de savoir, donc, que rien sur cette des hommes n’est impossible. Rien n’est écrit d’avance, tout est discutable, négociable. Il n’y a pas de destin éternel, figé, parce que tout est effaçable, à défaut modifiable.

 



[1] SPENGLER O., Ecrits historiques et philosophiques. Pensées, Paris, Copernic, 1979, p. 121.

 

 

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18/04/2015

CONGO-KINSHASA:LE CHANTAGE HABITUEL DES MEDIAS OCCIDENTAUX RELAIS DES POLITICIENS BLANCS COMME EUX QUI LES PAYENT

Nous n'allons jamais nous laisser ni faire ni manipuler.Le Congo-Kinshasa est mon pays d'origine.J'y ai un droit de regard.J'ai le droit de dire ce que j'en pense même s'il ne plaît a je ne sais quel blanc ou apparenté. Il y en a mal qu'on prenne les noirs et les congolais en particulier pour des sous-hommes.C'est à nous congolais de choisir nos dirigeants pas les belges,les français, les canadiens,les britanniques et encore moins les terroristes de la "Maison rouge"des USA. On est fatigué chaque fois qu'ils ne veulent plus de la marionnette qu'ils y ont placée et quand ils n'en veulent plus pour leurs raisons qu'ils en merdent avec des clairons à l'alternative politique mais qui ne profite qu'aux exploiteurs et racistes qu'ils sont

Dans son livre Culture et barbarie,E.Morin impute la paternité de la barbarie à l'homme blanc occidental.La Shoa,Hiroshima, Arménie, et tous les conflits anciens et actuels en sont l'incarnationDans son livre L'occidentalisation du monde S.Latouche rattache la perversité à l'Occident.Il démontre que la mondialisation n'est que la vision occidentale du monde en meilleur ou en pire.C'est la volonté occidentale qui prime.Les autres peuples n'y comptent que comme wagons.Tout le monde connait mon estime de l'homme pour son sens de la création, de la production, et de l'invention dans l'histoire. Mais ce n'est pas pour cela que je dois chaque fois mettre un genoux à terre quand je dois donner mon opinion.Je suis un homme libre et honnête. Quand les journaux belges et occidentaux s'emballaient pour l'Afdl du camarade L-D.Kabila,je fus l'un des rares opposants au Maréchal Mobutu à douter du plan occidental sul l'alternative politique que les blancs étaient en train de vendre au futur peuple congolais. En effet il y avait là derrière un plan d'occupation du pays par des nouveaux commissionnaires à la solde des etasuniens et européens de l'ouest.Aujourd'hui on est sur le même schéma où après avoir appauvri les congolais, ils leur vendent une nouvelle alternative mais vraie fausse car c'est pour eux plutôt que pour le peuple martyr congolais.

A-D.Osongo-Lukadi,Directeur Kilimandjaro.blogs.dhnet.be